Dissoudre, remanier, changer de cap... Le cerveau de François Hollande surchauffe actuellement afin de trouver LA solution pour clore l'épouvantable séquence politique qui ébranle l'Exécutif depuis déjà plusieurs semaines. Pour s'en sortir, le chef de l'Etat n'a malheureusement pas l'embarras du choix. Quels conseils lui suggère sa majorité ? Petit inventaire pour président en galère.
Dissoudre l'Assemblée nationale
C'est la solution la plus radicale. Et si elle est évidemment prônée par l'opposition, il est bien difficile, pour ne pas dire impossible, de trouver un parlementaire de la majorité pour l'évoquer sérieusement. "La dissolution, ce n'est pas une balle dans le pied, mais une balle dans la tête", résume pour MYTF1News le député de Charente-Maritime, Olivier Falorni. Dissoudre reviendrait en effet à rendre les clés du pouvoir à la droite et admettre pour François Hollande son incapacité à sortir la France de la crise. Ce serait un terrible aveu de faiblesse moins de deux ans après son arrivée au pouvoir. A quelques semaines des élections municipales et des européennes, ce scénario ne tient pas la route.
Remanier son gouvernement
Evoquée à plusieurs reprises déjà, notamment après l'affaire Cahuzac, l'hypothèse d'un remaniement ne serait pas d'actualité, si l'on en croit l'entourage de François Hollande. Bien que Malek Boutih assure dire tout haut ce que beaucoup de parlementaires PS pensent tout bas, rares dans les rangs socialistes sont ceux qui réclament véritablement la tête de Jean-Marc Ayrault. En tout cas pas maintenant... Selon certains socialistes, François Hollande devrait en toute logique attendre la déculottée des municipales pour débarquer son Premier ministre. "On remanie habituellement après une défaite électorale", nous explique le conseiller regional PS d'Ile-de-France, François Kalfon. Sur la même ligne, Olivier Falorni juge que remanier maintenant "n'a pas de sens". En revanche, dès les municipales passées, il plaide pour la mise en place d'un "gouvernement commando d'une quinzaine de ministres avec Manuel Valls à sa tête".
Ni dissoudre, ni remanier, mais que faire alors ?
C'est là que tout se complique. Si beaucoup de parlementaires font le même constat sur les difficultés actuelles, leurs solutions sont parfois antagonistes. Concernant la ligne politique tracée par François Hollande, là où certains suggèrent une réorientation plus sociale, d'autres estiment qu'il est temps d'assumer une véritable ligne sociale-démocrate. Quand le député de Seine-Saint-Denis, Razzy Hammadi, rêve d'une gauche "moins naïve avec le patronat", son collègue Olivier Falorni juge qu'il faut cesser de voir "l'entreprise comme un ennemi".
Pour mettre fin à la grogne, notamment fiscale, François Kalfon exige de son côté un signal fort pour calmer l'opinion. "Le gouvernement doit renoncer à la hausse de la TVA, tout du moins à celle du taux intermédiaire (qui doit passer de 7% à 10% au 1er janvier, ndlr)". Le cofondateur du collectif La Gauche populaire craint en effet que "la révolte des bonnets rouges ne soit que la bande annonce d'une crise sociale majeure", qui pourrait éclater début 2014.
D'autres enfin, appellent François Hollande à changer de discours, à l'instar du député de Paris, Jean-Marie Le Guen, interrogé par MYTF1News : "les choix politiques faits par le gouvernement ne sont pas mauvais, mais il vaut mieux les expliquer". Mais cela peut-il suffire ? Non, car s'il y a bel et bien un problème de communication, il y a aussi un problème de cohérence, admet Olivier Falorni. "D'un côté, on crée le CICE pour aider les entreprises ; de l'autre on met en place une politique fiscale contradictoire avec la recherche de compétitivité", s'agace-t-il.
Et si le problème, c'était le PS ?
Parallèlement, plusieurs parlementaires pointent la responsabilité du PS dans cette épouvantable séquence politique. Sur son blog, le sénateur Gaétan Gorce demande à la direction de son parti de "se remettre en question et réfléchir d'urgence aux raisons de son impéritie". Et de lister une nouvelle feuille de route pour un PS plus offensif : "implication forte dans l'actualité pour y imprimer notre marque, priorité au renouvellement et à la diversification sociale de nos équipes dirigeantes, relance du travail sur les idées nouvelles qu'appelle une période inédite". "Il nous faut un parti en ordre de marche pour dire que ce n'est pas en un an que l'on reconstruit un pays détruit 10 ans durant par la droite", lance Razzy Hammadi.
"Le changement, c'est maintenant", scandait François Hollande durant l'élection présidentielle. Plus que jamais, ce slogan est d'actualité. Mais encore faut-il pour cela savoir quoi changer. Pour donner un second souffle à son quinquennat, il serait temps que François Hollande trouve enfin une réponse à cette question. 

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