Du jamais vu! Un ministre de l'éducation nationale irresponsable prêche la dépénalisation du cannabis. Quel impact sur l'échec scolaire?
S'exprimant directement sur le sujet lors d'un déplacement en Loire-Atlantique, le Premier ministre a affirmé que «les ministres ont à se concentrer sur la mission qui est la leur». «Lorsqu'ils sont à la radio et la télévision, ils doivent défendre à la fois la politique de leur ministère et la politique du gouvernement, et rien d'autre», a-t-il ajouté. «Il n'y aura pas de dépénalisation du cannabis», avait assuré Matignon un peu plus tôt.
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Depuis, le ministre a tenu à préciser qu'il avait exprimé une «réflexion personnelle» et se dit solidaire du gouvernement. «Il n'y a donc pas lieu à polémique», a-t-il assuré dans un communiqué.
La droite en pétard
Toutefois, il n'en fallait pas plus à la droite, pourtant en proie aux divisions sur fond de compétition interne entre Jean-François Copé et François Fillon, pour parler d'une seule voix et dénoncer l'irresponsabilité de Vincent Peillon.
Invité sur France Info ce lundi matin, Jean-François Copé a fustigé «une fausse solution». «La dépénalisation des drogues douces, dites douces, est simplement inacceptable», a-t-il expliqué en assurant que ce n'est pas de cette manière que le trafic de drogue cessera.
Le secrétaire général de l'UMP a interpellé le chef de l'Etat: «Je demande que ce débat flottant et ouvert de manière régulière soit immédiatement tranché par François Hollande». Sinon ? «Sinon, je lance dès demain, une pétition et un appel a témoignage de parents dont les enfants ont été victimes du cannabis», a averti le député-maire de Meaux.
L'ex-Premier ministre UMP François Fillon a également condamné «les propos irresponsables et dangereux de Vincent Peillon» sur une dépénalisation du cannabis en France, alors que le «besoin de repères» est plus que jamais nécessaire pour la jeunesse. «Alors que le président de la République expliquait il y a quelques jours que l'Education serait une priorité nationale, le ministre de l'Education engage un débat qui va à l'encontre de l'école du respect et de l'autorité qu'il convient de mettre en place», estime le candidat à la présidence de l'UMP. «Une fois de plus, la cacophonie gouvernementale est à l'oeuvre, dans un secteur où tous les parents d'élèves de France attendent du sérieux, de l'autorité», ajoute-t-il.Sur BFMTV, la députée européenne et maire du VIIe arrondissement de Paris, Rachida Dati, a quant à elle réagi violemment à la proposition du ministre de l'Education nationale. «Je trouve que Vincent Peillon se comporte de manière lâche vis à vis de la toxicomanie. (...) Cette position est grave et irresponsable, a-t-elle dénoncé. En disant cela, on dit on baisse les bras, on laisse les dealers vendre du cannabis».
L'ancienne garde des Sceaux a ensuite évoqué les salles de shoot, qu'une partie de la gauche voudrait ouvrir pour encadrer les consommateurs et favoriser la prévention. «Je suis contre les salles de shoot où chacun va venir avec sa drogue, où on les laisse se droguer tout seuls. Il faut lutter plus en amont. (...) Je peux en parler à titre personnel, souvent il y a de la drogue coupée, et quand vous vous envoyer de l’ammoniac dans les narines ou dans les veines, regardez ce que ça peut faire sur la santé des jeunes. (...) J'ai été touchée par ça à cause de mon frère. Chez les jeunes qui se droguent, il a des malaises, des fragilités (...) c'est là-dessus qu'il faut travailler», a plaidé Rachida Dati.
Sur RTL, François Baroin était sur la même longueur d'onde que Jean-François Copé. «C'est une drogue. Rester dans le champ de la pénalisation permet de créer une frontière qui fait réfléchir», a défendu l'ancien ministre de l'Économie. «Et ce n'est certainement pas en affaiblissant notre système légal de protection de mineurs que l'on va régler ce problème. Ce débat est irresponsable», a-t-il conclu.
Le FN est également monté au créneau. Interrogé par LCI, Florian Philippot, vice-président du parti frontiste a comparé Vincent Peillon et Félix Baumgartner, le parachutiste recordman autrichien en disant du premier : «Lui n'a pas passé le mur du son, mais celui de l'indécence. Que ça vienne du ministre de l'Education nationale, c'est un drôle de signal qui est envoyé».
«Moi je croyais que ce débat avait été clos par Jean-Marc Ayrault en juin dernier, a poursuivi le bras droit de Marine Le Pen. Je vois qu'il n'a donc pas d'autorité, puisqu'un ministre se permet de rouvrir le débat». «Nous sommes farouchement contre cette dépénalisation parce qu'il faut marquer des interdits, parce que le cannabis ce n'est pas anodin», a-t-il argumenté.
Depuis dimanche soir sur Twitter, élus ou responsables de l'UMP ont assommé de critiques Vincent Peillon.
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VIDEO. Vincent Peillon se propose pour l'ouverture d'un débat sur la dépénalisation du cannabis.
La dépénalisation, «c'est ce qui marche dans d'autres pays européens», a fait valoir Denis Baupin ce lundi sur Europe 1. Vice-président de l'Assemblée nationale, il a jugé «courageux» d'ouvrir le débat sur la dépénalisation du cannabis. «C'est justement parce que nous n'avons aucune complaisance vis-à-vis des trafics d'armes, de drogue, etc., que nous pensons que la prohibition en matière de cannabis est en échec», a-t-il déclaré.
Sur France Inter, le conseiller de Paris Yves Contassot (EELV) a estimé que Vincent Peillon avait «raison» de vouloir rouvrir le débat. «C'est un vrai sujet, la seule manière de lutter contre le trafic, c'est de dépénaliser (...) La répression ne fonctionne pas, regardez ce qui se passe à Marseille».


