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Le Point.fr - Publié le 29/09/2012 à 11:42
Anthony Beevor, auteur de "La Seconde Guerre mondiale", ici en 2010. © Rex Features/REX/SIPA
Après Stalingrad, D-Day et La chute de Berlin, l'historien britannique Anthony Beevor va publier le 11 octobre un livre monument sur la Seconde Guerre mondiale (chez Calmann-Lévy). Une oeuvre globale et majeure, dont Le Point rendra compte prochainement. Or récemment, au cours d'un déjeuner à Londres, Beevor a raconté qu'à sa grande surprise, lorsqu'il s'est rendu il y a quelques semaines aux Pays-Bas pour faire la promotion de ce livre, le ministre des affaires Étrangères lui a demandé s'il accepterait de participer à un colloque sur le thème "Deuxième Guerre mondiale et crise de l'eurozone, similitude et différences"...
L'historien, qui dans son livre décrit avec précision la montée des nationalismes dans l'Europe des années 30, refuse l'amalgame, même s'il perçoit certains traits communs entre les deux époques. Et il concluait qu'heureusement la différence majeure entre les deux situations, c'est qu'il n'existe pas aujourd'hui d'idéologie, comme le nazisme ou le communisme, susceptibles de mobiliser les masses et d'anesthésier les esprits, comme ce fut le cas à la veille de la Seconde Guerre mondiale.
Pourtant, ajoutait Beevor, la montée d'un certain extrémisme, notamment en Grèce, commence à devenir inquiétante pour la cohésion de la zone euro et même de l'Europe. En effet, si les incidents qui se produisent là-bas sont moins médiatisés qu'au moment des élections du printemps, les manifestations de voyous racistes, issus du mouvement d'extrême droite Aube dorée, se multiplient dans des proportions alarmantes.
Depuis le moi de mai, des dizaines de témoins rapportent des histoires de ratonnades, particulièrement à Athènes, contre des immigrés pakistanais ou somaliens, ou des réfugiés irakiens ou syriens. Étrangement, ces faits sont rarement suivis d'actions judiciaires. Alors que leurs auteurs sont souvent connus pour leurs idées néo-nazies. Pour une bonne raison : les victimes n'osent pas porter plainte, car tout le monde le sait, en Grèce, la police est gangrenée par l'extrême droite.
Le parti de l'Aube dorée, surgi de nulle part, sinon des catastrophes humaines provoquées par les mesures d'austérité, a fait 7 % des voix aux élections législatives grecques. Et tout indique qu'il n'a cessé de progresser, puisque les sondages lui accordent maintenant 12 %, ce qui le place en troisième position derrière la Nouvelle Démocratie et la gauche radicale.
Si une nouvelle crise se préparait avec la troïka (FMI, BCE, zone euro), pour qui la Grèce ne remplit pas complètement ses engagements pour espérer un nouveau déblocage de fonds, le gouvernement Samaras n'y résisterait sans doute pas. Ce serait alors un vrai saut dans l'inconnu pour Athènes. Et pour le reste de l'Europe.