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Le Point.fr - Publié le <time datetime="2013-07-18T23:13" itemprop="datePublished" pubdate=""> 18/07/2013 à 23:13</time> - Modifié le <time datetime="2013-07-19T08:51" itemprop="dateModified"> 19/07/2013 à 08:51</time>
Au coeur de Detroit, le siège de General Motors, baptisé lors de sa construction Renaissance Center. "Motor City" accueille aussi dans sa banlieue les sièges de Ford (Dearborn) et de Chrysler (Auburns Hill). ©
</figcaption> </figure></header><section class="col_article" style="margin-top:-30px"><aside class="bloc meme_sujet">Étendard de l'automobile triomphante au début du XXe siècle, Detroit est devenue jeudi la plus grande ville américaine à se déclarer en faillite, dernier acte en date de la lente agonie de "Motor City". "Je prends cette décision difficile afin que les habitants de Detroit aient accès aux services publics les plus élémentaires et pour que Detroit reparte sur de solides bases financières qui lui permettront de croître à l'avenir", a expliqué Rick Snyder, le gouverneur de l'État du Michigan, dans un communiqué.
"La mise en faillite est l'unique solution qui permettra à Detroit de redevenir stable et viable", avait-il au préalable écrit dans une lettre qui accompagnait l'acte déposé au tribunal. La dette accumulée par Detroit est vertigineuse : 18,5 milliards de dollars. Acculée, la municipalité avait prévenu le mois dernier qu'elle serait obligée de faire défaut sur une partie de cette somme. En sautant le pas, Detroit devient la plus grande ville du pays à se mettre en faillite. Amy Brundage, une porte-parole de la Maison-Blanche, a assuré que le président Obama et les membres de son équipe rapprochée "continuent à surveiller de près la situation à Detroit".
Avant Detroit, de grandes villes comme New York, Cleveland et Philadelphie se sont retrouvées au bord de la faillite, mais Detroit est la première ville américaine à demander officiellement la protection de la loi sur les faillites. Le président américain Barack Obama a fait dire par un porte-parole de la Maison blanche qu'il suivait la situation de près. Mais, à la différence de ce qui s'est passé avec la grande crise de 2008, lors de laquelle l'Etat fédéral avait décidé de renflouer les constructeurs General Motors et Chrysler à coups de milliards de dollars, le président n'a pas fait de promesse cette fois.
Detroit était naguère synonyme de savoir-faire industriel. Les géants de la construction automobile s'étaient mis, de 1941 à 1945, à produire chars, avions et munitions, ce qui avait valu à la ville le surnom d'"arsenal de la démocratie".
Pour sortir de l'ornière, Rick Snyder avait mandaté un expert, Kevyn Orr, qui, de façon assez sobre, avait résumé les causes de cette crise en quelques points : "une mauvaise gestion financière, une population en baisse, une érosion de la base fiscale pendant ces 45 dernières années". De son côté, la chambre de commerce de la ville a salué la mise en faillite, la qualifiant de "décision courageuse". Échaudés par le projet de Kevyn Orr, qui prévoyait de négocier avec les créanciers de la ville, des fonds de retraite auxquels Detroit devait neuf milliards de dollars ont lancé une procédure judiciaire pour empêcher toute coupe dans les retraites de leurs souscripteurs. Mais la mise en faillite met la procédure entre parenthèses.
Prochaine étape: un juge devra désormais dire si Detroit peut se placer sous la protection de la loi sur les faillites qui lui permet de renégocier sa dette. "Le plus gros défi est qu'il n'y a pas eu énormément de faillites de municipalités dans l'histoire (...), on a donc peu d'expérience en la matière", a prévenu Douglas Bernstein, un avocat spécialisé dans les faillites. Mais au-delà des aspects strictement juridiques et financiers de l'affaire, la faillite de Detroit reflète la chute de l'automobile, un pan entier de l'industrie américaine qui avait connu son essor au début du siècle dernier. Berceau des "Big Three" (Ford, Chrysler, General Motors), la ville a lié son destin à celui de la voiture, à tel point que des groupes de rock comme le MC5 (Motor City 5) ou une maison de disques, à l'instar de Motown (pour Motor Town), s'en sont inspirés à l'heure de se trouver un nom.