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Vendredi 31.8.2012. 22:15h On croyait tout savoir sur Salvador Dalí, mais la publication d'un ouvrage largement illustré de photographies de l'enfance de l'artiste, permet de mieux connaître le contexte de la vie du peintre, jusqu'à ses 20 ans. Après la déconstruction familiale orchestrée par le plus célèbre des surréalistes, le temps rend leur juste place aux éléments.
La carrière posthume de Salvador Dalí démontre une vigueur intacte, 23 ans après la disparition du peintre. Le dernier exemple d'exploitation du patrimoine dalinien, présenté le 29 août, est un ouvrage intitulé "Les 20 premières années de Dalí, Album de Famille". Ce livre, qui couvre la période 1904-1920, arrive quelques semaines après la réédition d'un livre polémique écrit par la soeur du génie surréaliste, édité en 1949. Anna Maria Dalí y décrit un frère incliné à reconstruire son passé et à ternir l'image familiale. Cette fois-ci, il s'agit d'un album abondamment illustré de photographies et de documents personnels, dont des diplômes, des extraits de magazines et de catalogues, savamment réunis depuis 2004 grâce à l'exploration d'archives privées et publiques. Ces apports, pour partie inédits, tentent de décrire objectivement la construction d'une personnalité.
Un mortel parmi les autres
Preuves à l'appui, les Dalí sont réunis, parfois autour du frère qui allait devenir célèbre, notamment lors de ses premières expositions. La simplicité est au rendez-vous pour signaler une enfance ordinaire, à la veille du régime dictatoriale de Primo de Rivera, à partir de 1923. Les textes, qui permettent une recréation d'ambiance, évoquent la réalité quotidienne de Figueres et Cadaqués, les deux lieux de résidence du clan. Le jeune Salvador à l'école, ou entouré des amis d'une famille, les Dalí Domènech, qui appréciait l'exercice du portrait photographique, rejoint ainsi le monde des mortels, alors même que son tableau le plus célèbre, "La persistance de la mémoire", surnommé "Les montres molles", est une allégorie de l'immortalité. Ce livre, disponible en catalan, espagnol, anglais et russe, est publié par la maison d'édition Triangle Postals, basée sur l'île de Minorque.
A la faveur de l'été, le Musée municipal de Cadaqués, sur la Costa Brava, a choisi cette année de rendre hommage au plus célèbre des résidents de la commune. Une cinquantaine d'oeuvres de Salvador Dalí y sont ainsi présentées jusqu'au 15 octobre, dans le cadre d'une démarche aussi documentaire qu'artistique. Les années de formation de celui qui deviendra le plus grand peintre surréaliste se donnent à voir, depuis l'âge de ses 10 ans, jusqu'à ses 24 ans. Intitulée “Del primer Dalí al Manifest Groc 1914-1928', cette rétrospective inédite, qui ne comporte pas le caractère commercial dont sont parfois victimes les réalisations ultérieures du génie de Figueres, comporte 150 tableaux. Une cinquantaine sont inédites, tandis qu'une quarantaine de photographie éclaire le visiteur sur les ambiances, les rencontres, et les sources d'inspiration du précoce créateur.
Des premières tentatives encouragées par la famille Pitxot, amie des Dalí, jusqu'à l'émergence d'un langage personnel, qui conduira à l'avènement du surréalisme, cette exposition évoque déjà les grandes thèmes chers au peintre, parmi lesquelles les paysages de la région de l'Empordà, jumelle parfaite du Roussillon, les marines, mais aussi les personnages féminins et l'attirance, ô combien singulière, envers la putréfaction.
La période 1914-1928, volontairement circonscrite par le commissaire de cette réalisation, Pere Vehí, correspond à la première étape de la vie de Salvador Dalí. Car dès 1929, celui-ci rencontrera sa future femme, Elena Dimitrievna Diakonova, "Gala" Dalí, par laquelle il vivra un profond bouleversement en matière artistique, dans une orientation certaine vers le business.