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Dongfeng, l'Etat et les Peugeot vont devoir apprendre à conduire PSA ensemble

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Dongfeng, l'Etat et les Peugeot vont devoir apprendre à conduire PSA ensemble

- Publié le <time datetime="2014-01-20T20:49" itemprop="datePublished" pubdate=""> 20/01/2014 à 20:49</time>

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PSA Peugeot Citroën a franchi une étape importante en validant un projet d'arrivée à son capital du chinois Dongfeng et de l'Etat français, mais reste à savoir comment ces nouveaux actionnaires entendent, aux côtés de la famille Peugeot, sortir le constructeur de l'ornière.

Après plusieurs mois d'atermoiement, le conseil de surveillance a validé dimanche le principe d'une augmentation de capital de 3 milliards d'euros à laquelle souscrira le partenaire chinois de PSA et les pouvoirs publics, ce qu'a confirmé le groupe dans un communiqué publié lundi soir.

Ces deux nouveaux actionnaires devraient prendre chacun 14% du capital, selon une source proche du dossier.

Si les modalités d'une telle opération sont encore incertaines, PSA a dit lundi espérer pouvoir faire "une annonce à l'occasion de la publication de ses comptes annuels le 19 février 2014", même si "aucune assurance ne peut être donnée quant à l'aboutissement de ce projet".

La famille Peugeot, qui détient actuellement 25,4% du capital mais 38,1% des droits de vote, apporterait environ 100 millions d'euros pour éviter de voir sa part diluer trop fortement et se maintenir elle aussi à 14%, selon une autre source.

Mais comment ce triumvirat inédit va-t-il gérer une entreprise qui a perdu 5 milliards d'euros en 2012 et dont les résultats 2013 ne devraient être guère brillants ?

"Cela ne va pas être évident", commente Carlos da Silva, analyste chez IHS Automotive.

Déjà, les membres de la famille ont déjà du mal à s'entendre entre eux. Thierry Peugeot, qui préside le conseil de surveillance, était plutôt réticent à voir arriver Dongfeng et l'Etat, tandis que son cousin Robert qui dirige la FFP, la holding qui gère la participation familiale dans PSA, était prêt à voir cette part se diluer, selon des sources officieuses.

Pas sûr que les intérêts du futur "lion à trois têtes" convergent, souligne Gaëtan Toulemonde, analyste chez Deutsche Bank, dans une note.

Les Peugeot ont longtemps défendu leur mainmise sur le groupe, au détriment d'une alliance qui lui aurait permis de grandir et de se développer sur des marchés porteurs hors d'Europe. Ceci était possible vu l'importance de leurs droits de vote, souligne M. da Silva, mais ils vont perdre cet avantage.

"L'ère des Peugeot à la tête de PSA est finie", assène l'analyste.

Pour l'Etat, une stratégie défensive

L'Etat lui, "ne veut pas qu'un Chinois prenne le contrôle du capital de PSA", estime un autre analyste ayant requis l'anonymat. "Il protège les quelque 200.000 emplois de PSA", dont près de 91.000 dans l'Hexagone. "C'est un enjeu politique majeur pour lui", ajoute-t-il.

"L'Etat a vocation à soutenir PSA et ses 91.000 salariés qui travaillent dans ses usines en France, afin d'accompagner cette grande entreprise dans son rebond", a souligné lundi auprès de l'AFP le ministre du Redressement productif Arnaud Montebourg.

"L'Etat est là pour marquer la volonté d'un ancrage français : PSA est et restera une entreprise française", avec des centres de décision et de productions en France", a fait valoir de son côté le ministre de l'Economie Pierre Moscovici, dans un entretien aux journaux du groupe Ebra.

"On est vraiment dans l'actionnariat de défense", renchérit M. da Silva. Pour autant, le risque de voir les pouvoirs publics se mêler de la gestion opérationnelle de l'entreprise est faible, relativise-t-il en citant l'exemple de Renault, dont l'Etat est le premier actionnaire. Ceci ne l'a pas "empêché de délocaliser", rappelle l'analyste. De fait, la marque au losange produit aujourd'hui moins de voitures que son concurrent PSA dans l'Hexagone.

Une entrée au capital de PSA permettrait à Dongfeng d'avoir un accès plus grand aux technologies du groupe français. Les deux coopèrent déjà en Chine, où ils possèdent trois usines en commun et ils envisagent d'en construire une quatrième.

Avec l'appui du français, Dongfeng peut espérer se développer sur "les marchés prometteurs d'Asie du Sud-Est", estime Pierre Bergeron, analyste à la Société Générale, dans une note.

Les deux constructeurs se sont déjà entendus sur les grandes lignes de leur coopération industrielle, selon une source au fait du dossier. PSA aidera Dongfeng à développer une marque propre et ils visent le marché chinois, le premier du monde, mais aussi le sud-est asiatique.

"L'essentiel est d'avoir un accord équilibré, qui permette d'assurer la pérennité du groupe et lui donne les moyens de ses développer", insiste une source proche du dossier.

Les trois futurs actionnaires ont un intérêt commun: "que PSA se porte bien", observe un autre analyste, qui estime que cela les incitera à oeuvrer dans le même sens.

La tâche d'unir les actionnaires autour d'une même stratégie incombera au futur numéro un de PSA, Carlos Tavares. Cet ancien dirigeant de Renault devrait succéder officiellement à Philippe Varin au plus tard lors de l'assemblée générale prévue le 30 avril, selon les observateurs.

laf-smr/ei

PSA PEUGEOT CITROEN

FFP

RENAULT

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