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Du cheval roumain dans les lasagnes Findus

Du cheval roumain dans les lasagnes Findus
<time datetime="2013-02-08T21:11:21+01:00" itemprop="datePublished">8 février 2013 à 21:11</time>lien

Des lasagnes surgelées de la marque Findus vendues au Royaume-Uni, le 8 février 2013

Des lasagnes surgelées de la marque Findus vendues au Royaume-Uni, le 8 février 2013 (Photo Andrew Yates. AFP)

La viande venait d'un fournisseur français, qui s'approvisionnait en Roumanie.

La découverte de cheval dans des lasagnes censées être au boeuf a provoqué un scandale au Royaume-Uni --où le cheval est vénéré et sa consommation taboue-- et entraîné le retrait vendredi des plats incriminés en France, et en Suède.

La viande de cheval trouvée en importantes quantités au Royaume-Uni (voire à hauteur de 100%) dans les lasagnes de la marque de produits surgelés Findus venait d’un producteur roumain, a expliqué à l’AFP le président de la société Comigel, qui produit les plats incriminés.

Comigel pensait qu’il s’agissait de viande d’origine française mais la PME française a appris en enquêtant auprès de son fournisseur qu’elle venait en fait de Roumanie, a assuré son président, Erick Lehagre. «Il y a huit jours, nous nous sommes rendu compte qu’il y avait un problème, après avoir été alertés par des gens sur le marché britannique», a-t-il expliqué. «Nous avons identifié le fournisseur en cause: il s’agit de la société Spanghero», basée à Castelnaudary dans l’Aude, a-t-il poursuivi. «Elle nous a indiqué que la viande venait d’un producteur roumain. On a pu voir qu’elle venait d’abattoirs en Roumanie qui abattaient et découpaient du boeuf et du cheval», a-t-il poursuivi.

Les lasagnes en question étaient vendues par la société luxembourgeoise Tavola, filiale de l’entreprise française Comigel.

Après avoir gardé le silence pendant plusieurs heures, Comigel, qui distribue ses articles dans 16 pays, a annoncé vendredi après-midi le retrait de «tous les produits liés à ce fournisseur», sans le nommer.

Le producteur suédois Findus, de son côté, a décidé de retirer des rayons français trois plats préparés - des lasagnes à la bolognaise, du hachis parmentier et de la moussaka - après avoir retiré lundi les lasagnes incriminées au Royaume-Uni, où elles étaient vendues en supermarché. En fin de journée, Findus a annoncé une mesure similaire en Suède, pour les lasagnes surgelées. Le groupe suédois, qui a présenté ses excuses, a cependant insisté sur le fait qu’il n’y avait pas de risque pour la santé.

Mais pour le Premier ministre britannique David Cameron, cette «histoire très choquante est tout à fait inacceptable». Elle suscite un problème «de confiance», a-t-il estimé depuis Bruxelles, insistant sur la nécessité d'étiqueter correctement les produits. L’agence française de répression des fraudes a, elle, dénoncé une «tromperie».

Au Royaume-Uni, l’affaire revêt aussi une dimension culturelle: la viande équine n’est normalement pas disponible dans le commerce, contrairement à la France ou la Suisse, où elle est réputée pour sa tendreté. La découverte «n’est pas agréable en particulier pour les consommateurs britanniques», a reconnu Findus.

Au Royaume-Uni, pays par excellence des courses équestres, le cheval est l’un des principaux récipiendaires de la version animalière de la Victoria Cross, distinction militaire suprême de l’armée britannique.

Le scandale sur la viande chevaline a éclaté à la mi-janvier: les autorités irlandaises en découvrent dans de la viande hachée produite au Royaume-Uni et en Irlande, et écoulée dans ces deux pays. Des dizaines de millions de steaks sont retirés des étals, et Burger King change de fournisseur, par mesure de précaution.

Mais l’affaire s’amplifie quand l’Agence britannique de sécurité alimentaire (FSA) annonce la détection de cheval dans des lasagnes.

La FSA estime qu’il n’y a pas de risque pour la santé. Mais elle suscite l’inquiétude en demandant dans le même temps à Findus d’effectuer «des tests pour identifier la présence éventuelle dans les lasagnes de phenylbutazone», utilisé pour traiter la douleur chez les chevaux. Les animaux soignés avec ce médicament sont interdits de consommation humaine, par crainte de «risque pour la santé», précise la FSA.

A ce stade, Scotland Yard n’a pas ouvert d’enquête, mais les autorités sanitaires luxembourgeoises ont précisé qu’une enquête auprès du fournisseur de la viande incriminée avait été demandée aux autorités françaises.

Les autorités sanitaires britanniques évoquent deux «causes possibles». «La première relève d’une grave négligence, mais la deuxième hypothèse est de nature pénale (...) si quelqu’un a délibérément substitué un produit à un autre», selon la FSA.

Les bookmakers eux se régalaient vendredi, en pariant sur les animaux dont la viande pourrait être décelée dans des produits vendus en supermarché: en tête, le cerf, l'âne, le chien, l'écureuil ou encore... le zèbre.

(AFP)

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