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Échirolles : l'heure des interpellations

Échirolles : l'heure des interpellations

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Par Jean-Marc Leclerc, Angélique Négroni Mis à jour <time class="updated" datetime="03-10-2012T08:24:00+02:00;">le 03/10/2012 à 08:24</time> | publié <time datetime="02-10-2012T20:32:00+02:00;" pubdate="">le 02/10/2012 à 20:32</time>

Interpellations des suspects dans le quartier de la Villeneuve, mardi, par les services de police et du GIPN.
Interpellations des suspects dans le quartier de la Villeneuve, mardi, par les services de police et du GIPN. Crédits photo : PHILIPPE DESMAZES/AFP

VIDÉO - Treize personnes ont été placées en garde à vue. Trois suspects ont pris la fuite.

Déjà treize interpellations après le drame d'Échirolles, en banlieue grenobloise. Mardi, au petit matin, les policiers locaux de la BAC et du GIPN ont arrêté dix personnes, principalement des jeunes du quartier de la Villeneuve suspectés d'avoir pris part à la rixe qui a coûté la vie, vendredi, à Kevin et Sofiane, 21 ans. La veille, la police avait également interpellé deux militaires, deux jeunes frères de 19 et 20 ans, l'un à Varces (Isère), l'autre à Hyères (Var). Leur mère figurait parmi les interpellés de mardi. Eux aussi étaient originaires de la Villeneuve et sont suspectés d'avoir participé au lynchage. Ils étaient en permission au moment des faits.

 

Le procureur de Grenoble a indiqué mardi soir que «quatre autres individus étaient en fuite. L'un s'est présenté spontanément, il en manque trois», selon le magistrat. Ces fuyards ont, dit-il, un «profil très violent» et ont déjà été «condamnés pour faits de grande violence». Les gardés à vue, quant à eux, sont de «très jeunes adultes», de 18 à 21 ans, «la plupart ont des casiers judiciaires pour vol avec violences, violences avec armes et en réunion», a-t-il révélé. Le procureur a aussi insisté sur le rôle central des deux frères militaires. «Les militaires sont à l'origine de la bagarre. Ils ont dit qu'ils réservaient leurs explications au juge», a indiqué le chef du parquet.

Des traces d'ADN

Vendredi dernier, vers 21 heures, Kevin et Sofiane sont donc tombés sous les coups assénés par un groupe d'une quinzaine de jeunes munis de couteaux, de manches de pioche, de marteaux et battes de base-ball. Une heure plus tôt, Kevin, accompagné de son ami, avait sommé deux jeunes de présenter leurs excuses à son frère cadet, Wilfried, frappé et aspergé de gaz lacrymogène par l'un d'eux. C'est, semble-t-il, cette initiative, perçue comme un affront, qui a justifié la lâche expédition punitive de ceux qui l'ont battu à mort. «Sofiane a été pris pour cible parce qu'il était le copain de Kevin et qu'il était là au mauvais moment», expliquait mardi un proche du dossier. Selon le procureur, Kevin a reçu «sept à huit» coups de couteau et Sofiane «une trentaine» !

Tous les suspects ont été identifiés grâce à des témoignages. La police a effectué nombre de perquisitions pour tenter de retrouver des indices utiles à l'enquête. Sur la scène du double crime, la police scientifique essaie d'exploiter des traces d'ADN. Elle a vérifié également si les téléphones mobiles des suspects ont activé les bornes d'appel à proximité du lieu et à l'heure du lynchage. «Mais c'est une chose d'établir la présence des individus sur place. C'en est une autre que de cerner le degré de responsabilité de chacun», reconnaissait mardi soir un syndicaliste policier grenoblois.

Il faudra déterminer qui a porté les coups avec quoi. «La tâche ne sera pas simple face à des jeunes qui ont appris, en présence de leur avocat, à en dire le moins possible en garde à vue», confiait mardi un officier de police.

À l'été 2010, après des émeutes à la Villeneuve, Nicolas Sarkozy avait établi un lien entre l'immigration et la délinquance, sous les critiques véhémentes de la gauche. Grenoble ne figurait pas dans la liste des zones de sécurité prioritaires de Manuel Valls. Le ministre a promis mardi d'intégrer Échirolles et la Villeneuve à son programme. Sans préciser toutefois sur le calendrier…

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