SUR LE MÊME SUJET
-
Ecotaxe : le contrat entre l'Etat et Ecomouv' sous le feu des critiques -
Ecotaxe : les «Bonnets rouges» posent un ultimatum au gouvernement -
EN IMAGES. Il n'y a plus de portique écotaxe dans le Finistère -
Ecotaxe : selon vous, qui est responsable du fiasco ? -
VIDEO. Bretagne : un nouveau portique écotaxe à terre
«Quel que soit le bien public, un portique, un radar, une école, un équipement sportif (...), ce n'est pas acceptable, c'est contraire aux lois de la République», a déclaré le Premier ministre lors de la séance des questions d'actualité. «Nous ferons preuve de fermeté à l'égard de tous ceux qui ont mis en jeu la sécurité de nos concitoyens, nous ne laisserons rien passer de cela», avait prévenu à la mi-journée la porte-parole du gouvernement, Najat Vallaud-Belkacem, lors du compte-rendu du Conseil des ministres.
A la sortie du Conseil des ministre, le Premier ministre s'était déjà montré ferme, condamnant l'ultimatum lancé contre l'écotaxe par les Bretons. Ce n'est pas «une bonne méthode, la bonne méthode, c'est de se mettre autour de la table et, en ce moment, tous les acteurs politiques, économiques, sociaux, politiques sont autour de la table en Bretagne» avait-il affirmé.
VIDEO. Ayrault : «L'ultimatum n'est pas la bonne méthode»
De leur côté, les «Bonnets rouges», qui avaient avertis mardi soir qu'il y aurait «sans doute de nouvelles actions», ont prévenu qu'ils allaient se réunir «dans les prochains jours» pour décider de la suite du mouvement, selon Thierry Merret, président de la FDSEA du Finistère et l'un des membres du collectif «Vivre, décider et travailler en Bretagne». «L'ultimatum n'est peut-être pas la bonne méthode. Mais le diktat de Paris n'est pas non plus la bonne méthode. Je crois qu'il y a beaucoup de mépris de Paris à l'égard des Bretons» a commenté pour sa part le maire DVG de Carhaix, Christian Troadec, un des leaders du mouvement.
Hamon redoute «le chaos dans ce pays»
Plus tôt dans la matinée, Benoît Hamon a condamné «un chantage» exercé sur le gouvernement. «La violence ne donne pas des droits» ,a fustigé le ministre de l'Economie sociale et solidaire sur France 2. «On ne peut pas accepter ce précédent qui serait Plus on casse, plus on a de chance d'obtenir satisfaction, sinon cela va être le chaos dans ce pays», a-t-il ajouté, rappelant que le gouvernement a suspendu l'écotaxe la semaine dernière devant une forte opposition, notamment en Bretagne.
«On ne gouverne pas sous les ultimatums, ça ne peut pas être des ultimatums qui arrivent comme ça et qui sont autant d'injonctions pour le gouvernement. La démarche de notre gouvernement, c'est le dialogue», a pour sa part estimé sur France 3 Guillaume Garot, ministre délégué à l'Agroalimentaire.
QUESTION DU JOUR : Ecotaxe : selon vous, qui est responsable du fiasco ?
Bayrou : «Ce contrat est bizarre»
A gauche comme à droite, tout le monde semble d'accord pour revoir l'écotaxe. Au centre aussi. François Bayrou a estimé mercredi qu'il fallait «absolument tout remettre à plat» dans le dossier. Sur BFMTV - RMC, le président du Modem a jugé qu'il y avait «plein de questions qui se posent, des questions très préoccupantes. Ce contrat est bizarre car depuis les fermiers généraux de la monarchie et de l'Ancien Régime, il est très rare que l'on donne 20% au collecteur d'impôt. Deuxièmement, signature du contrat le 6 mai, c'est-à-dire le jour du 2e tour (de l'élection présidentielle de 2012, NDLR). Il y a là des interrogations sur le mécanisme qui a été suivi pour ce contrat léonin, qui soumet la puissance publique à des intérêts privés.»
Raffarin : « Le camion est un ami de la campagne, un adversaire de la ville »
A l'UMP, on continue de tirer à vue sur la gauche dans cette affaire. Dernière salve en date : celle de Jean-Pierre Raffarin. Sur RTL, l'ex-Premier ministre a jugé que cette taxe «était très mal ficelée», à cause de la gauche. Et non à cause de l'UMP, qui avait pourtant initié le projet. «On n' avait pas fixé les conditions d'application. Ce sont les socialistes que se sont pris les pieds dans le tapis», selon lui, notamment en taxant les camions français qui circulent en France, en particulier à la campagne. C'est sur les camions internationaux traversant le territoire et sur ceux circulant en milieu urbain qu'il aurait fallu se concentrer, estime Jean-Pierre Raffarin. Et de sortir une formule dont lui seul a la secret : «Le camion est un ami de la campagne, un adversaire de la ville. »
CARTE INTERACTIVE. La guerre de l'écotaxe


