Suivi quotidien, flash d'actualités touchant l'économie,culture,environnement, société, politique,poésie, l'international.
DOSSIER : Egypte : Morsi, un Frère musulman président
Mis en ligne le 05 décembre 2012 à 23h03, mis à jour le 05 décembre 2012 à 23h19 lien
<section class="fleft" id="lside">
Il s'agit des pires violences depuis l'élection en juin de Mohamed Morsi, premier président islamiste d'Egypte qui s'est attiré les foudres de l'opposition et d'une partie de la magistrature pour s'être octroyé des pouvoirs exceptionnels le 22 novembre.
Dans la soirée, les manifestants se trouvaient toujours aux abords du palais présidentiel malgré les appels à se retirer notamment du Premier ministre Hicham Qandil et des Frères musulmans dont est issu le président. La police anti-émeutes a réussi à imposer un cordon de sécurité entre les manifestants rivaux devant le palais, mais des affrontements se poursuivaient à coups de pierres dans les rues adjacentes.
Société divisée
Pour la deuxième journée consécutive, les abords de la présidence dans le quartier cossu d'Héliopolis ont été l'épicentre de la crise. A l'appel des Frères musulmans, des milliers de personnes avaient afflué vers le palais dans l'après-midi, démantelant les tentes dans lesquelles de petits groupes d'anti-Morsi avaient passé la nuit après une manifestation massive de l'opposition mardi. Des protestations ont aussi eu lieu en province, et des opposants à M. Morsi ont saccagé et incendié des locaux des Frères musulmans, dont M. Morsi est issu, à Ismaïliya et Suez, dans le nord-est du pays.
Sur place, les témoignages des manifestants traduisaient une société profondément divisée, près de deux ans après la révolte qui a fait tomber le régime de Hosni Moubarak. L'opposition a de nouveau exigé le retrait du décret élargissant les pouvoirs de M. Morsi et l'annulation du référendum du 15 décembre sur le projet de Constitution controversé. Le pouvoir, de son côté, par la voix du vice-président Mahmoud Mekki, a maintenu le référendum sur ce projet accusé par l'opposition de ne pas protéger certains droits fondamentaux dont la liberté d'expression, et d'ouvrir la porte à une application plus stricte de la loi islamique.
L'imam d'Al-Azhar Ahmed al-Tayyeb, la plus haute autorité islamique d'Egypte, a appelé les Egyptiens à la retenue et au dialogue en déplorant une situation "catastrophique", et trois conseillers du président ont annoncé leur démission en signe de protestation. A l'étranger, l'Union européenne et la Grande-Bretagne ont appelé aussi à la la retenue, alors que les Etats-Unis ont plaidé pour le dialogue.
Démission en signe de protestation
La crise a éclaté avec l'annonce d'un décret du président renforçant ses pouvoirs désormais placés au-dessus de tout recours judiciaire. Dans une conférence de presse avec l'ex-patron de la Ligue arabe Amr Moussa et l'ex-candidat à la présidence Hamdeen Sabbahi, qui font partie du Front du salut national (FSN), une coalition de l'opposition, Mohamed ElBaradei, chef du FSN, a fait porter à M. Morsi "l'entière responsabilité" des violences. "Le régime perd de sa légitimité jour après jour", a-t-il dit. "Nous sommes prêts au dialogue" mais uniquement si le décret est retiré, a-t-il ajouté, qualifiant le pouvoir de "répressif et autocratique". M. Morsi a affirmé que ses pouvoirs élargis étaient destinés à accélérer une transition tumultueuse et souligné qu'ils étaient "temporaires". L'opposition accuse le président de dérive autoritaire et le projet de Constitution d'avoir été rédigé par et pour les islamistes.
Dernière information en date mercredi soir, trois conseillers du président égyptien ont démissionné en signe de protestation, alors que la crise qui divise le pays semble prête à dégénérer à chaque instant, a annoncé mercredi l'agence officielle Mena.