Le 6 juillet dernier sur France Inter, Elisabeth Badinter dénonçait la façon dont certaines féministes avaient piétiné la présomption d’innocence et s’étaient servi sans scrupule de l’affaire DSK. Le magazine américain The New Yorker a dressé le portrait de celle qu’un sondage - publié par Marianne il y a un an - avait désigné comme « l’intellectuelle la plus influente » auprès des français.
Ce qui la différencie des autres féministes ? A cette question, Elisabeth Badinter répond que
c’est le fait qu’elle n’éprouve pas de ressentiment envers les hommes et sans doute qu’elle n’a « pas souffert »,
qu’elle est une privilégiée. Pour autant, elle ne pense pas que ce soit un handicap pour mener le combat du féminisme.
Bien au contraire, elle prétend que « les classes privilégiées sont souvent les moins tolérantes vis-à-vis des inégalités ».
Ce qui est sûr, c’est que pour chacun de ses livres (
« L’amour en Plus », « Fausse route » et « Le Conflit »),
Elisabeth Badinter, connu pour s'être opposée de façon virulente à la Parité - qu'elle considère comme une discrimination inversée,
bénéficie d’une bonne couverture dans la presse.
Mais « il n’y a pas vraiment d’interlocuteur de poids pour lui répondre », avoue au New Yorker Sylvie Kauffmann - directrice de la rédaction du Monde. Elle suscite certes la polémique dans les milieux féministes mais sa parole fait autorité.
Tenante d'un féminisme républicain et laïque, elle lutte contre les fondamentalistes qui croient à une « Nature » féminine innée ou pensent qu’on est « passé à côté de l’expérience de la maternité si on a pas souffert ».
Elle est persuadée que les jeunes femmes françaises sont entrain de « saper les combats féministes durement gagnés par leurs aînées ». Alors elle pointe du doigt les pro-allaitement comme Edwige Antier,
les écolos qui sont contre les couches-culottes jetables et les autorités médicales ou religieuses qui véhiculent un discours ambiant de culpabilité envers les femmes. Des prises de position qui ne font souvent que renforcer sa posture d'esprit libre, et assoir sa popularité auprès des Français.