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Au lendemain de l'annonce d' une nouvelle hausse du nombre de demandeurs d'emploi en novembre , Bernard Thibault a mis en doute ce vendredi matin la promesse de François Hollande d'inverser la courbe du chômage fin 2013.
« Il n'y a pas d'éléments sur les choix de politique économique et sociale du gouvernement qui laissent entendre qu'on va inverser la courbe du chômage », a déclaré le secrétaire général de la CGT sur RMC-BFMTV. Il dénonce notamment les 20 milliards de crédits d'impôt « offerts aux entreprises sans contrepartie ».
Alors que près de 30.000 demandeurs d'emploi sans activité supplémentaire ont été recensés fin novembre, portant leur nombre à 3,13 millions, proche du record historique de janvier 1997 (3.205.000), Bernard Thibault a rappelé que « ces chiffres ne représentent que la part de population qui pointe à Pôle emploi ». Il a estimé entre 6 et 7 millions le nombre de personnes « qui n'arrivent pas à vivre décemment par leur emploi ».
Interrogé sur le refus du gouvernement de nationaliser temporairement le site sidérurgique de Florange (Moselle), le leader syndical a lancé : « Si l'Etat renonce à une intervention plus conséquente (...), alors il n'y aura pas d'inversement, au contraire une aggravation » du chômage.
Le secrétaire général de la CGT a par ailleurs prévenu que son syndicat serait « très mobilisé dès les premiers jours de janvier pour empêcher tout accord générant plus de flexibilité dans le marché du travail ». Syndicats et patronat, qui ont échoué à parvenir à un accord avant la fin de l'année sur la « sécurisation de l'emploi » , comme souhaité par François Hollande, discuteront une nouvelle fois les 10 et 11 janvier . « Je voudrais être persuasif à l'égard du gouvernement et des parlementaires : non seulement ce ne serait pas une bonne solution pour l'emploi, mais si des velléités de déréglementation se faisaient jour, la CGT s'y opposerait avec toutes ses forces », a-t-il affirmé.
« Ca fait 25 ans qu'on nous explique qu'en précarisant, en assouplissant le Code du travail, on va créer des emplois », « il n'est pas question d'accepter la théorie selon laquelle les licenciements d'aujourd'hui créent l'emploi de demain », a-t-il dit. Selon Bernard Thibault, « une négociation s'est ouverte à la demande du gouvernement pour faire reculer la précarité, et le Medef nous propose à l'inverse (...) d'ajouter de nouveaux types de contrat de travail et de faciliter les licenciements ».
« Si j'avais un message pour 2013 aux salariés : « Ne restez pas spectateurs », il faut nous-mêmes exercer une pression pour que soient prises les bonnes décisions », a déclaré Bernard Thibault. Pour lui, le changement promis par François Hollande « a été relégué à 2 années plus tard », ce qui engendre « surprise » et « déception » et laisse entendre que « la parole du Medef est plus influente que celle des organisations syndicales ».
Le numéro un de la CGT a souligné que « la CGT avait remporté haut la main les élections dans les TPE », dont les résultats ont été publiés le 21 décembre , souhaitant que « le gouvernement ait entendu le message ».