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En Chine, le Xinjiang théâtre de violences sans fin

Vu de Chine

L'actualité d'un géant qui combine explosion économique et répression.

En Chine, le Xinjiang théâtre de violences
sans fin
<time datetime="2013-06-27T16:15:52+02:00" itemprop="datePublished">27 juin 2013 à 16:15    </time>lien

Photo prise le jour de l'attaque, mercredi à Lukeqin, près de Turfan, au Xianjiang, postée sur un blog chinois.

Photo prise le jour de l'attaque, mercredi à Lukeqin, près de Turfan, au Xianjiang,
postée sur un blog chinois. (Photo Dwnews)

Décryptage Vingt-sept personnes ont été tuées dans l’attaque au couteau d’un commissariat de cette région musulmane et turcophone.

Situ XinjiangVingt-sept personnes ont été tuées mercredi dans l’attaque au couteau d’un commissariat et de bâtiments officiels chinois par des assaillants présumés ouïghours. Turcophones et musulmans, les Ouïghours constituent 46% de la population du Xinjiang, région autrefois connue sous le nom de Turkestan chinois. Elle est le théâtre depuis 2009 de nombreux attentats et affrontements ethniques entre les colons han (Chinois de souche) et les autochtones ouïghours. Des photos de l’attaque sont apparues ce jeudi sur les microblogs chinois.

Que s’est-il passé?

Vingt-sept personnes ont été tuées dans ces violences qui se sont déroulées mercredi dans le village de Lukeqin, non loin de la ville touristique de Turfan. Selon la version de l’agence Chine Nouvelle, «une foule d’émeutiers armés de couteaux» a attaqué les bâtiments officiels peu avant l’aube. Neuf policiers et huit autres personnes ont été poignardés. Les policiers chinois auraient alors ouvert le feu et tué 10 des assaillants. Les autorités n’ont pas précisé ni le nombre ni l’ethnie des attaquants, ni si ces derniers s’étaient emparés des armes du commissariat.

Quels sont les précédents?

A la mi-avril, des affrontements armés avaient déjà fait 21 morts dans la localité de Serikbuya, près de Kashgar. Selon Pékin, des «terroristes» avaient dans un premier temps tué 15 policiers et agents municipaux; dans un second temps, la police a contre-attaqué, tuant six «terroristes», tous Ouïghours. En juillet 2011, les colons hans avaient été la cible de trois attentats qui ont fait 40 morts. Un commissariat avait été attaqué, là encore au couteau. 

Les attentats n’ont cessé de se multiplier depuis les émeutes ethniques d’Urumqi, durant l’été 2009, qui se sont soldées par 200 morts, principalement des Hans. La vague d’exécutions de Ouïghours qui a suivi n’a fait qu’ajouter de l’huile sur le feu.

Pourquoi cette répétition de violences?

Les autorités chinoises blâment le plus souvent «des groupes terroristes islamistes» qui s’entraîneraient au Pakistan, pays limitrophe du Xinjiang. Les Ouïghours y voient plutôt des actes de résistance contre la migration massive Han, et la politique chinoise de marginalisation de leur culture millénaire. Du primaire jusqu’au cycle universitaire, l’enseignement en langue ouïghoure est proscrit depuis plusieurs années. Des dizaines de milliers d’enseignants locaux ont été licenciés. Les fonctionnaires ne peuvent ni porter la barbe ni la moustache et toute activité religieuse leur est interdite. Pour les étudiants, observer le ramadan vaut une expulsion immédiate. Les Ouïghours, exemptés de la politique de l’enfant unique il y a dix ans encore, ne sont plus autorisés à avoir plus que deux enfants, parfois trois dans les zones rurales. La grande majorité des postes de responsabilité naguère occupé par des Ouïghours sont aujourd’hui presque tous tenus par des Hans.

 

Les Ouïgours soumis au «Poing d’acier» du pouvoir chinois
<time datetime="2012-08-03T21:07:37+02:00" itemprop="datePublished">3 août 2012 à 21:07   </time>lien

Soixante-trois ans après avoir établi sa mainmise sur le Xinjiang, la République populaire de Chine est loin d’être venue à bout de la soif d’indépendance de ce «Far West» chinois peuplé aujourd’hui de 45%de Ouïgours turcophones et musulmans. En dépit - ou peut-être à cause - de l’envoi de millions de colons sur ce territoire riche en ressources naturelles, le Xinjiang reste un théâtre d’affrontements ethniques. Le mois dernier, les autorités ont déclenché une vague de répression appelée «Poing d’acier». Elle s’est soldée par la condamnation, annoncée vendredi, de vingt jeunes «séparatistes» Ouïgours à des peines allant de dix-huit mois à quinze ans de prison. Ils ont été jugés coupables «d’activités terroristes» allant de la «propagation d’idées séparatistes sur Internet», à la fabrication d’explosifs dans le but de commettre des attentats.

Deux mois auparavant, un groupe de six Ouïgours, âgés de 20 à 36 ans, avait tenté de détourner un vol régional reliant Hotan à Urumqi, la capitale du Xinjiang. Les pirates de l’air avaient utilisé des armes pointues cachées dans de fausses béquilles et tenté d’ouvrir la porte du cockpit, selon la presse chinoise. D’autres avaient tenté d’allumer une charge explosive. Les passagers et les membres de l’équipage auraient assailli les pirates, faisant échouer leur funeste projet. Deux d’entre eux sont morts à l’hôpital «des suites de leurs blessures», selon Pékin. La tentative d’attentat coïncidait, à quelques jours près, avec le troisième anniversaire des graves émeutes antichinoises qui ont officiellement fait 197 morts en 2009 à Urumqi. Depuis lors, les attentats visant des Chinois, généralement au couteau, se sont multipliés et une atmosphère de peur et de méfiance mutuelle est perceptible à travers toute la région. Elle est renforcée, côté ouïgour, par la décision de Pékin d’imposer désormais la langue chinoise dans les écoles et les universités de ladite «région autonome».

L’opération Poing d’acier a particulièrement pris pour cible la pratique religieuse, considérée comme étant le creuset de la révolte. La police interdit aux étudiants, aux mineurs, aux fonctionnaires et enseignants d’observer le jeûne du ramadan, qui a débuté fin juillet et se termine le 18 août. Le port de la barbe ou de la moustache est également prohibé pour cette catégorie de la population. Les fidèles doivent montrer leurs cartes d’identité pour entrer dans une mosquée, et ceux qui ne sont pas du quartier sont refoulés par des miliciens, baptisés «groupes de stabilité», campant dans les lieux de culte. «La tendance générale à la répression touche toute la Chine, observe Catherine Baber d’Amnesty international, mais elle est particulièrement prononcée au Xinjiang.»

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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