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En Egypte, les Frères musulmans visent désormais la présidence

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En Egypte, les Frères musulmans visent désormais la présidence

Le Monde.fr avec AFP, AP et Reuters | <time datetime="2012-04-01T20:06:55+02:00" itemprop="datePublished">01.04.2012 à 20h06</time> • Mis à jour le <time datetime="2012-04-01T20:07:40+02:00" itemprop="dateModified">01.04.2012 à 20h07</time>

<figure class="illustration_haut"> Les Frères musulmans, qui avaient annoncé qu'ils ne brigueraient pas la présidence, sont revenus sur leur décision en désignant Khairat Al-Chater comme candidat. </figure>

Les Frères musulmans, qui avaient annoncé qu'ils ne brigueraient pas la présidence égyptienne, sont revenus sur leur décision en désignant Khairat Al-Chater comme candidat au premier tour de l'élection présidentielle, les 23 et 24 mai. Al-Chater, un informaticien devenu influent homme d'affaires, est considéré comme le numéro deux de la confrérie et comme son principal financier. Pendant des mois, les Frères ont assuré vouloir soutenir un candidat d'union, compatible avec leurs idées, mais pas affilié à leur formation, afin de ne pas donner le sentiment de vouloir accaparer le pouvoir. Leur revirement a été précédé de plusieurs jours de débats internes houleux.

La confrérie a expliqué qu'elle avait changé d'avis en constatant que ni les autres candidats, ni le Parlement n'étaient en mesure de répondre aux "demandes de la révolution", une critique implicite envers la gestion de la transition par le Conseil suprême des forces armées (CSFA) au pouvoir. "Nous avons donc décidé de participer à la présidentielle, pas parce que nous sommes avides de pouvoir mais parce que la majorité parlementaire ne peut pas jouer son rôle", a justifié Mohamed Morsy, président du parti Liberté et Justice (PLJ) des Frères musulmans.

GRAND FAVORI PAR DÉFAUT

Le secrétaire général de la confrérie, Mahmoud Hussein, a estimé que "la révolution et le processus démocratique sont réellement menacés" par la présence à la présidentielle de candidats issus de l'ancien pouvoir. Sont visés l'ex-chef de la Ligue arabe, Amr Moussa, ministre des affaires étrangères sous Hosni Moubarak, le dernier premier ministre du raïs déchu, Ahmad Chafic, ou l'ex-chef des services et longtemps ennemi juré des islamistes, Omar Souleimane.

Les relations entre le PLJ et le CSFA, qui a jugé dès la fin des élections que la nouvelle Assemblée n'était "pas représentative" de la société égyptienne, se sont encore tendues ces dernières semaines autour du processus de rédaction de la future Constitution. Les partis laïques ont boycotté la commission de rédaction, accusant les Frères de monopoliser cette instance en s'alliant pour la circonstance aux fondamentalistes salafistes.

L'annonce bouleverse la donne politique à moins de deux mois du premier scrutin présidentiel depuis la chute de Moubarak en février 2011. Au vu du résultat des élections législatives - le PLJ a remporté plus de 40 % des sièges - le candidat soutenu par les Frères musulmans fera figure de grand favori, mais certains analystes font remarquer que la crainte d'un monopole du pouvoir par les islamistes pourrait aussi servir les intérêts d'autres candidats.

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