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En pleine confiance, les fonds du Golfe repartent à la conquête des grands espaces

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En pleine confiance, les fonds du Golfe repartent à la conquête des grands espaces
NESSIM AIT-KACIMI / JOURNALISTE | <time datetime="2014-06-20T18:28:21+02:00">LE 20/06 À 18:28</time> | lien 
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Ils sont définitivement sortis de la période d’attentisme et de doutes qui a suivi les crises de 2008 et de la zone euroIls poursuivent la diversification de leur portefeuille sur les classes d’actifs alternatives et les pays émergents

Un signe de leur confiance retrouvée, les fonds souverains du Golfe ont multiplié les initiatives l’année passée. La crise est bien derrière eux. En 2013, le fonds d’Abou Dhabi (ADIA, qui s’apprête à publier son rapport annuel, a été le plus actif avec près de 8 milliards de dollars d’investissements directs stratégiques dans des secteurs comme l’immobilier. Dans le top 10 des fonds souverains les plus actifs figurent 3 acteurs du Golfe, le fond Koweitien (6,4 milliards de dollars d’investissements directs), ADIC, un autre fonds d’Abou Dhabi (4 milliards) et le fonds qatari (2,7 milliards).Sur les 6.600 milliards de dollars de capitaux des fonds souverains, les acteurs du golfe s’en accaparent plus du tiers (35%) , selon le Sovereign Wealth Fund Institute.

Et leur force de frappe devrait s’accroître. Sur les 13 fonds du Golfe et du Moyen Orient interrogés par Invesco dans le cadre de son enquête annuelle, près d’un sur deux s’attend à une augmentation de ses rentrées d’argent cette année grâce aux recettes pétrolières et gazières.Les fonds du moyen Orient veulent à l’avenir continuer de se diversifier en mettant l’accent sur des classes alternatives, tel l’immobilier, notamment commercial. Le marché immobilier résidentiel londonien intéresse beaucoup les fonds koweitien et qatari, très à l’aise en Grande Bretagne où ils sont très bien accueillis. « Les fonds souverains vont continuer d’investir dans les marchés émergents, en Asie, Amérique latine, Inde ou Chine. Quand ils investissent dans les marchés frontières (NDLR : les nouveaux petits marchés émergents), ils le font au travers de projets spécifiques (immobilier, infrastructures), parfois avec d’autres fonds »,constate Nick Tolchard, co-président des fonds souverains mondiaux chez Invesco et responsable d’Invesco Moyen-Orient.Un héritage de la crise de 2008, les fonds du Golfe ont fait évoluer leur organisation, avec davantage d’accent mis sur la gestion des risques en recrutant des spécialistes de la City ou de Wall Street . « Leur responsable de la gestion des risques est maintenant plus impliqué dans le processus d’investissement », estime Nick Tolchard. Selon une étude (1) : le fonds ADIA avait perdu près de 40% en 2008, son homologue koweitien autour de 36%, et SAMA, le fonds d’Arabie saoudite à peine 12%, ce fonds étant alors investi à près de 80% en obligations américaines.

 
 

Les fonds souverains du Golfe ne sont pas des véhicules d’investissement figés dans le temps comme en témoigne l’évolution diamétralement opposée des deux frères ennemis, les fonds qatari et d’Arabie Saoudite (lire ci-dessous). Le premier devient plus conservateur alors que le second veut prendre davantage de risques, mais dans certaines limites. A la différence des autres fonds souverains , les acteurs du Golfe doivent tenir compte de certaines contraintes d’investissement (loi islamique) et pesanteurs locales (lenteur des décisions...).

(1) « Political economy of the Gulf sovereign wealth funds », Sara Bazoobandi, 

Nessim Aït-Kacimi
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