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Par LEXPRESS.fr avec AFP, publié le 04/08/2011 à 18:06
Le Conseil de sécurité de l'ONU a "condamné" ce mercredi la répression meurtrière des manifestations d'opposition par les autorités syriennes.
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Le président syrien Bachar al-Assad a promulgué ce jeudi un décret autorisant le multipartisme. Entre temps la répression sanglante continue, faisant encore 37 morts ce mercredi.
Le texte fixe les conditions de création et de fonctionnement de nouveaux partis, qui ne doivent pas reposer sur des bases religieuses ou tribales. Aucune formation militaire ou paramilitaire ne doit figurer dans ces nouveaux partis. Par ailleurs, leurs fondements, leurs objectifs et leurs financements devront être clairement établis, a précisé l'agence de presse Sana. Toutefois dans l'immédiat, ces éventuels nouveaux partis évolueront dans l'ombre du parti Baas, qui détient les rênes du pouvoir depuis 1963. La fin de la toute-puissance du parti Baas était l'une des principales revendications du mouvement de contestation engagé depuis la mi-mars en Syrie.
Cette annonce ne convainc pas les foules. L'avocat et opposant Anouar al-Bounni, président du Centre syrien d'Etudes et recherches légales, considère que les mesures annoncées ne sont qu'une opération "cosmétique destinée à l'opinion publique interne et externe". Selon lui, "tant que la Constitution n'est pas amendée ou changée, les lois promulguées ne sont pas valables et sont toutes mort-nées". Il a estimé que "ce qu'offre le pouvoir ne répond aucunement aux revendications de la société".
Le ministre français des Affaires étrangères, Alain Juppé, a pour sa part estimé que le décret sur le multipartisme était "presque une provocation" dans le contexte de la répression en cours. "Ce que nous attendons aujourd'hui, c'est la fin des violences contre des populations civiles qui ne font que défendre leurs droits" a-t-il poursuivi. Il n'a n'a par ailleurs pas exclu que la France demande au Conseil de sécurité de l'ONU d'aller "plus loin" que la simple déclaration adoptée mercredi et condamnant la répression des manifestations, "si rien ne change côté syrien".
Mercredi soir, après des semaines de blocage, le Conseil de sécurité de l'ONU a adopté une déclaration - et non une résolution - qui "condamne les violations généralisées des droits de l'Homme et l'usage de la force contre les civils par les autorités syriennes". Le texte exige seulement que les responsables de la répression, qui a déjà fait plus de 1 600 morts selon les organisations de défense des droits de l'Homme, "rendent des comptes".
Par LEXPRESS.fr avec AFP, publié le 31/07/2011 à 18:02
Manifestation contre le régime syrien, après la prière du vendredi, le 29 juillet 2011 à Hama
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"Cent civils ont été tués dimanche à Hama par des tirs des forces de sécurité qui accompagnaient l'armée lorsqu'elle a pénétré en force dans la ville de Hama", a déclaré Abdel Karim Rihaoui, président de la Ligue syrienne de défense des droits de l'Homme (LSDDH). Cinq personnes sont mortes à Homs (centre) quand des habitants sont descendus dans la rue en soutien à Hama, située juste au nord. Et il y a eu trois morts dans la province d'Idleb (nord-ouest), a-t-il ajouté.
Les chiffres publiés par les associations de Syrie portent le bilan total à 136 morts. A la veille du Ramadan, "c'est l'un des jours les plus sanglants" depuis le début de la révolte le 15 mars, a déclaré Rami Abdel Rahmane, chef de l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH). Pour le ministre britannique des Affaires étrangères, William Hague, "une telle action contre des civils qui ont manifesté en masse et pacifiquement pendant plusieurs semaines n'a aucune justification" et ces attaques sont "d'autant plus choquantes qu'elles ont lieu à la veille" du ramadan.
Manifestations de représailles
Son homologue allemand Guido Westerwelle a demandé au président Assad "de mettre immédiatement fin aux violences contre les manifestants pacifistes", le menaçant de nouvelles sanctions européennes. "La Syrie est en sang", ont dénoncé les militants du site internet "Syrian Revolution 2011", moteur de la contestation, appelant à des "manifestations de représailles" dimanche soir à la sortie des mosquées après les "Tarawih", les prières nocturnes pendant le ramadan qui commence dans la soirée.
Depuis le début de la contestation le 15 mars contre le régime de Bachar al-Assad, la répression a fait quelque 2.000 morts, dont plus de 1.600 civils, selon des organisations de défense des droits de l'Homme. Le pouvoir tente depuis plusieurs semaines de soumettre Hama, théâtre d'immenses manifestations contre le pouvoir, qui ont réuni, selon l'OSDH, plus de 500.000 personnes le vendredi depuis début juillet.
Cette ville est déjà un symbole de la lutte contre le régime en Syrie depuis la terrible répression en 1982 d'une révolte du mouvement interdit des Frères musulmans contre le président Hafez al-Assad, père de Bachar, qui avait fait 20.000 morts.
En signe de protestation, des habitants ont bloqué en plusieurs endroits l'autoroute reliant Alep (nord) à la capitale.