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Encadrement des salaires : le gouvernement se justifie

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Encadrement des salaires :
le gouvernement
se justifie
Le Monde.fr | <time datetime="2013-05-24T20:09:11+02:00" itemprop="datePublished">24.05.2013 à 20h09</time> • Mis à jour le <time datetime="2013-05-24T20:14:47+02:00" itemprop="dateModified">24.05.2013 à 20h14</time>
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<figure class="illustration_haut"> Pierre Moscovici, le 20 avril 2013, à Washington. </figure>

"Il n'y aura pas de projet de loi spécifique sur la gouvernance des entreprises." La déclaration du ministre de l'économie, Pierre Moscovici, dans un entretien accordé aux Echos, vendredi 24 mai, passe mal à la gauche de la gauche. Pour elle, il s'agit d'un renoncement à l'encadrement des salaires, promis pendant sa campagne par le candidat Hollande. 

Sur son blog, Jean-Luc Mélenchon accuse ainsi le ministre de l'économie "de lâcher la bride aux salaires des patrons". "Pendant ce temps, la pauvreté augmente. Le pouvoir d'achat de la population recule. Mais les grands patrons pourront continuer à s'augmenter sans limites. Moscovici le leur permet", écrit-il.

Et d'asséner : "Les solfériniens ont renoncé à tout sauf à exercer le pouvoir." Dans un communiqué, Olivier Dartigolles, porte-parole du Parti communiste, déplore également la décision prise : "De renoncement en renoncement, l'abandon de la limitation des hauts salaires patronaux est un double scandale."

L'ÉTAT SE RÉSERVE LA POSSIBILITÉ DE LÉGIFÉRER

Jean-Christophe Cambadélis, le secrétaire national du PS, tente tout de même de justifier la décision du gouvernement : "On n'est pas au niveau que nous nous étions nous-mêmes fixé", mais "la réalité de la crise est complexe, c'est très, très difficile aujourd'hui de faire passer ce type de loi dans un moment où nous avons besoin de tous pour avancer."

Vendredi soir, Pierre Moscovici a tenté d'éteindre ce début de polémique. Dans un communiqué, le ministre assure que, même s'il n'y aura "pas de loi spécifique sur la gouvernance des entreprises (...), cela ne signifie en rien que le gouvernement renonce à ses ambitions en matière de limitation des rémunérations excessives. (...) Des travaux sont en cours avec les organisations représentatives, qui portent notamment sur : le pouvoir des assemblées générales dans le contrôle des rémunérations (principe dit du 'say on pay') ; la participation, lorsqu'ils le souhaitent, des salariés aux comités des rémunérations ; la réduction du nombre de mandats d'administrateur ; l'encadrement des rémunérations exceptionnelles ; un dispositif de contrôle ouvert et transparent".

Le ministre précise pour finir qu'il "sera très attentif aux résultats de ces travaux et au contenu de l''autorégulation exigeante' qu'il appelle de ses vœux, l'Etat se réservant, le cas échéant, la possibilité de légiférer".

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