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Entre François Hollande et sa majorité, il y a comme un (gros) doute

Entre François Hollande et sa majorité,
il y a comme un (gros) doute

 

Créé le 01/06/2014 à 17h02 -- Mis à jour le 01/06/2014 à 17h10      lien

<aside>François Hollande le 30 mai 2014 à Rodez.

François Hollande le 30 mai 2014 à Rodez. P. PAVANI / AFP

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POLITIQUE - Désormais, certains n'hésitent plus à imaginer une primaire en 2017 pour éliminer François Hollande de la course à la présidentielle 201...

«Avouons-nous que la relation de François Hollande avec les Français pose un problème». Par cette simple phrase lâchée mardi dernier lors de la réunion du groupe PS, le député du Nord Guy Delcourt a ouvert la boîte de Pandore. Même Claude Bartolone, le lendemain, a dû valider cette analyse sur France Inter, reconnaissant un «problème» entre le chef de l’Etat et les Français.

Un gouffre entre Valls et Hollande

Il faut dire qu’à moins de 20% de popularité quand son Premier ministre lui est largement préféré, prétendre l’inverse tient de l’exercice d’équilibrisme. Désormais, les critiques en illégitimité de François Hollande ne sont plus circonscrites simplement à la droite, au centre, ou au FN et les langues se délient pour réclamer une primaire pour 2017 ou craindre une crise de régime… . Du Figaro, au Parisien, en passant par Le Monde, les articles se multiplient dans lequels des responsables socialistes ou des ministres, en off,  s’interrogent sur la possibilité qu’il ne finisse pas son mandat,  ou évoquent le président en 2017 en disant «s’il est candidat». Bref, «Trois ans c’est long», résume en titre de Une page le Parisien ce dimanche avec la photo d’un François Hollande perplexe.

Et il peut. Car un sondage paru vendredi dans le Figaro montre que 81% des Français jugent que tout Président qu’il est, François Hollande devrait se soumettre à une primaire s’il souhaite concourrir pour 2017. Et  seuls 3% des sondés  souhaiteraient qu’il se présente de nouveau en 2017 contre 26% pour Manuel Valls. Chez les sympathisants socialistes, c’est 15% contre 40%... Un désaveu. Cet écart, pour ne pas dire ce gouffre de popularité entre Matignon et l’Elysée, participe d’ailleurs à accroître l’idée d’une crise de régime avec un Premier ministre qui croquerait le Président et qui pourrait le concurrencer pour 2017.

La primaire c'est plus tabou

Car l’organisation de cette primaire à gauche est maintenant posée sur la place publique... pour écarter François Hollande de 2017. Plusieurs ténors du PS ne cessent de plaider pour son organisation, quel que soit le choix de François Hollande. «Il n'y a aucune raison de considérer que la candidature de François à la prochaine présidentielle serait automatique parce qu'il serait le sortant», lâchait mercredi la sénatrice sénatrice Marie-Noëlle Lienneman, oubliant qu'au contraire, cela irait à l'encontre de la pratique de la Vème République. «Cette question [d’organiser la primaire ndlr] n’est pas taboue et je fais partie des parlementaires qui souhaitent une forme de sortie de la 5e République telle qu’on l'a connue, lorsqu'un monarque décide seul de se représenter ou pas», expliquait le lendemain Laurent Baumel. Ni l’un ni l’autre ne peuvent être soupçonnés de travailler pour Manuel Valls puisqu’ils font partie de ces députés frondeurs, qui ont entamé une lutte parlementaire avec l’exécutif.

C’est bien le problème de François Hollande: depuis la claque sans précédent des municipales et le remaniement qui a suivi, et provoqué la sortie des écologistes de la majorité, il fait face à une rebellion tenace dans ses rangs. Ils n’étaient que 11, et c’était déjà énorme, à ne pas voter la confiance à Manuel Valls. Mais ils étaient 41 à ne pas voter le pacte de stabilité qui doit mettre en musique la politique de l’offre voulue par François Hollande. Enorme! Et sans quelques abstentions des rangs de la droite et du centre, le texte aurait pu être rejeté. Car outre la remise en cause de sa communication, de telle ou telle décision, ils remettent en cause ouvertement le choix de politique générale du président:la politique de l’offre.

Des frondeurs ragaillardis

Et loin de s’essoufler, les «frondeurs» se sentent confirmé par la nouvelle claque historique des européennes. Ils s’organisent pour proposer une nouvelle plateforme d’idées à la gauche et contestent matin, midi et soir les choix de l’exécutif dans les médias. L’objectif, c’est de contraindre le chef de l’Etat à les écouter et à changer sa politique. De fait, c’est de l’affaiblir pour mieux peser. La nouvelle bataille se jouera sur le collectif budgétaire de juin, où une partie de la majorité compte bien se muer en opposition.  

Evidemment, dans les rangs de la majorité, même rebelle, on ne songe pas que François Hollande puisse toutefois recourir à l’arme de la dissolution. Pour la gauche, ce serait probablement fatal. Et pas sûr que l’UMP attende rééllement cette solution puisque le parti est sans dessus dessous, mais surtout sans leader ni ligne politique. Il n’y a guère que le FN pour espérer ce scénario. 

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