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Mis à mal par de nouvelles révélations dans l'affaire de comptabilité occulte qui touche sa formation politique, le premier ministre espagnol, Mariano Rajoy, a assuré, lundi 15 juillet, qu'il ne démissionnerait pas, malgré de nouveaux aveux devant la justice de l'ancien trésorier du Parti populaire (PP).
M. Rajoy, pressé par l'opposition d'abandonner son poste, a défendu son action pour faire sortir l'Espagne de la crise et mis en avant la "stabilité politique" : "Si d'autres personnes veulent juger autre chose, c'est leur responsabilité". "J'accomplirai le mandat que m'ont donné les Espagnols", a déclaré M. Rajoy devant la presse, assurant que "l'Etat de droit ne se soumet pas au chantage" et que la justice poursuivrait son travail "sans aucune pression".
"J'AI DONNÉ DE L'ARGENT EN MAINS PROPRES À RAJOY"
Quelques heures plus tôt, l'ex-trésorier du PP Luis Bárcenas avait confirmé, devant le juge Pablo Ruz, les informations de la presse espagnole sur la comptabilité occulte de la formation politique. Plusieurs dirigeants auraient ainsi perçu des salaires illégaux dans les années 1990.
M. Bárcenas a admis être l'auteur de la comptabilité manuscrite publiée le 31 janvier par El País, après l'avoir longtemps nié. "J'ai donné de l'argent en mains propres à Rajoy et [María Dolores de] Cospedal en 2008, 2009 et 2010", a-t-il déclaré au juge, selon le quotidien espagnol. L'ex-trésorier aurait également remis à la justice des dizaines de documents informatiques mettant en cause le parti conservateur, ainsi que le reste de la comptabilité manuscrite.
Il accuse directement Mario Rajoy et deux secrétaires généraux successifs du PP, María Dolores de Cospedal et Alvaro Lapuerta, d'avoir élaboré le système occulte de paiements et recouvrements. Des allégations que les intéressés ont toujours niées et que M. Rajoy n'a pas souhaité commenter, lundi.
Lire le récit Guerre de l'ombre au Parti populaire contre Mariano Rajoy
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LES SMS DE MARIANO RAJOY
Mariano Rajoy a évoqué les désormais fameux échanges de SMS avec Luis Bárcenas, publiés dimanche dans le journal El Mundo :
"Les SMS qui ont été publiés ne confirment rien d'autre que le fait que les institutions ne se soumettent à aucun chantage et qu'elles poursuivent leur travail en toute indépendance. Je me remettrai aux preuves".
Ces messages montrent toutefois, selon El Mundo, que le chef du gouvernement "a demandé [à M. Bárcenas] qu'il nie l'existence de la comptabilité occulte et les compléments de salaires". "Mariano Rajoy a maintenu un contact direct et permanent" avec l'ex-comptable au moins jusqu'en mars 2013, lorsqu'a éclaté le scandale sur un possible financement illégal du parti, poursuit le journal.
"Luis, je comprends, sois fort. Je t'appelle demain. Je t'embrasse", dit l'un des messages attribués à M. Rajoy et daté du 18 janvier, soit le jour où El Mundo avait fait éclater l'affaire. Dans un autre message, le 14 mars, Luis Bárcenas, en colère, affirmait à Mariano Rajoy se sentir "libéré de tout engagement envers [lui] et envers le parti", selon El Mundo, qui avance que c'est alors que l'ex-trésorier a décidé de parler à la presse "pour révéler la véritable comptabilité" du parti.
Lire : "Espagne : le Parti populaire dans la tourmente après de nouvelles révélations"