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Espagne: l'ex-chef du patronat en prison

Espagne: l'ex-chef du patronat en prison

Créé le 05/12/2012 à 16h42 -- Mis à jour le 05/12/2012 à 19h19
Gerardo Diaz Ferran, fondateur du groupe de voyage Marsans et ex-président de la principale organisation patronale d'Espagne, à Madrid, le 23 décembre 2009
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Gerardo Diaz Ferran, fondateur du groupe de voyage Marsans et ex-président de la principale organisation patronale d'Espagne, à Madrid, le 23 décembre 2009 Pierre-Philippe Marcou afp.com

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Le monde des affaires en Espagne est plongé dans un nouveau scandale avec le placement en détention du fondateur du groupe de voyage Marsans et ex-président de la principale organisation patronale du pays, Gerardo Diaz Ferran.

L'arrestation lundi et le placement derrière les barreaux de cette figure du monde des affaires espagnol pour détournement de fonds et blanchiment d'argent ont fait l'effet d'une bombe dans un pays étranglé par la crise et secoué par des affaires de justice qui font régulièrement la Une des journaux.

Signe de gravité de l'affaire baptisée "opération croisière", la caution de 30 millions d'euros fixée pour la remise en liberté de Gerardo Diaz Ferran est l'une des plus élevées fixées par la justice espagnole, selon un source judiciaire.

Son complice présumé, Angel de Cabo, a également été placé en détention assortie d'une caution de 50 millions d'euros, la plus élevée de l'histoire judiciaire espagnole, selon cette source, alors que le procureur avait demandé la remise en liberté.

Gerardo Diaz Ferran est soupçonné de détournement de fonds et blanchiment lors de la vente du groupe Marsans en 2010 dont il était co-propriétaire avec Gonzalo Pascual, décédé il y a quelques mois, selon cette source.

Le juge estime qu'il aurait également bénéficié de la complicité de l'actuel propriétaire du groupe Possibilitum Business, Angel de Cabo, un homme d'affaires de Valence (est) qui avait racheté le groupe Marsans en 2010, selon cette source.

Angel de Cabo, qui a refusé de témoigner, aurait aidé Gerardo Diaz Ferran à occulté une partie du patrimoine pour éviter de devoir éponger les 45 millions de dettes réclamés par les créanciers au groupe Marsans, déclaré en cessation de paiement en 2010.

Diaz Ferran, a lui nié en bloc lors de son audition mercredi, affirmant qu'il ne disposait d'aucun compte dans les paradis fiscaux. Il a uniquement reconnu être propriétaire d'un appartement à New York, toujours selon la source judiciaire.

L'affaire a éclaté après la plainte en janvier de plusieurs créanciers du groupe Marsans, dont AC Hoteles, Melia, Pullmantur, pour détournement de fonds et blanchiment d'argent.

Le juge a bloqué les comptes de plus de 20 entreprises et lancé plusieurs commissions rogatoires à l'étranger où il soupçonne Angel de Cabo d'avoir organisé une évasion de capitaux.

Le groupe de voyage avait alors été repris pour 600 millions d'euros par la société espagnole Possibilitum Business, spécialisée dans le rachat d'entreprises en difficulté, qui avait licencié la grande majorité des quelque 2.000 salariés.

Deux des filiales du groupe Marsans avaient auparavant fait faillite: la compagnie aérienne Air Comet, à la fin 2009, ce qui avait laissé sans emploi quelque 700 salariés et lésé des milliers de clients, et la compagnie d'assurance spécialisée Seguros Mercurio à la mi-mars 2010.

Cette affaire intervient alors que la justice est sous pression d'une opinion publique qui souffre de la cure d'austérité imposée par le gouvernement et scandalisée par plusieurs affaires qui ont terni l'image des monde politiques et des affaires, touchant jusqu'à la famille royale.

Le gendre du roi d'Espagne, Inaki Urdangarin, est poursuivi dans une vaste affaire de corruption dite de "Palma Arena" dans laquelle l'ancien chef du gouvernement régional des Baléares a été condamné à six ans de prison en mars.

Par ailleurs, la quasi-faillite de Bankia, la plus grande caisse d'épargne d'Espagne repêchée par plus de 20 milliards d'aides publiques, a également donné lieu à une procédure judiciaire. Son ex-président Rodrigo Rato, poursuivi pour "escroquerie" et "détournement de fonds", doit être entendu dans ce cadre le 20 décembre.

© 2012 AFP
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