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MADRID (Espagne) - Les députés espagnols ont accepté mardi d'ouvrir un débat sur une initiative populaire ayant recueilli 1,4 million de signatures contre les expulsions de propriétaires surendettés, un sujet rendu encore plus sensible par le suicide d'un couple de retraités.
La Plateforme des victimes d'expulsions (PAH) a recueilli 1.402.854 signatures, près du triple des 500.000 nécessaires en Espagne, lui permettant de présenter devant le Parlement un projet de loi afin de résoudre le problème le plus dramatique de la crise en Espagne.
Le Congrès des Députés, la chambre basse du Parlement, devait se prononcer mardi pour l'ouverture d'un débat sur ce texte: le Parti populaire, de droite, qui y dispose de la majorité absolue, a en effet annoncé contre toute attente qu'il acceptait d'en discuter.
Nous voulons donner une reconnaissance politique à cette initiative sociale, a déclaré le porte-parole du Parti populaire au Congrès, Alfonso Alonso.
Les expulsions de propriétaires ne pouvant plus faire face à leurs échéances de dettes se sont multipliées en Espagne depuis le début en 2008 de la crise économique: 350.000 ordres d'expulsions, visant des résidences principales mais aussi secondaires ainsi que des espaces commerciaux, ont été lancés par les banques, selon les chiffres officiels, dont environ la moitié ont été exécutés, selon la presse.
Récemment, plusieurs suicides de petits propriétaires sur le point d'être expulsés ont ému l'opinion publique. Mardi, la Garde civile a annoncé le double suicide sur l'île de Majorque, aux Baléares, d'un couple de retraités âgés de 69 et 68 ans.
Selon une porte-parole de la Garde civile, le couple a laissé une lettre expliquant qu'il avait choisi de mettre fin à ses jours parce qu'il ne pouvait plus faire face à ses dettes et avait reçu un avis d'expulsion.
Sous une forte pression sociale, le gouvernement conservateur de Mariano Rajoy avait annoncé le 15 novembre un gel pendant deux ans des expulsions pour les propriétaires surendettés les plus vulnérables.
Mais il n'avait pas accédé à la demande des associations qui exigent l'annulation des crédits des personnes expulsées car la plupart d'entre elles, bien que ruinées, doivent continuer pendant de nombreuses années à payer leurs dettes.
Les personnes visées par un ordre d'expulsion non seulement perdent leur logement, mais se retrouvent à la tête d'une bonne partie de leur dette, avec une condamnation à vie qui les exclut définitivement de tout circuit financier, écrit le texte de l'initiative populaire.
(©AFP / 12 février 2013 20h52)