Complicité de collecte de données à caractère personnel", "complicité de violation du secret professionnel"... Le président d'Ikea France Stefan Vanoverbeke, son prédécesseur Jean-Louis Baillot et le directeur financier Dariusz Rychert devront répondre de ces accusations devant la justice. Ils ont été, d'après des sources proches du dossier, mis en examen mardi 19 novembre à Versailles dans le cadre de l'enquête sur les soupçons d'espionnage qui pèsent sur l'enseigne suédoise. Ils avaient été placés en garde à vue lundi à la suite d'une perquisition effectuée début novembre au siège du groupe à Plaisir.
Ikea France en tant que personne morale a également été mise en examen. L'entreprise doit verser 500.000 euros de caution pour garantir une éventuelle indemnisation des parties civiles, a précisé la source. "La direction d'Ikea France prend acte. L'entreprise continuera à porter son concours à la manifestation de la vérité", a déclaré une porte-parole du groupe.
Sollicité, le parquet de Versailles n'a quant à lui pas souhaité commenter ces informations.
Le géant de l'ameublement fait l'objet depuis début 2012 en France d'une vaste enquête pour soupçons d'espionnage illicite de ses salariés et de ses clients. Une dizaine de personnes avaient déjà été mises en examen dans ce dossier et de nombreuses perquisitions ont été réalisées dans des enseignes du groupe. Cette série d'investigations fait suite à des révélations de l'hebdomadaire satirique Le Canard Enchaîné de février 2012. Les syndicats FO et CGT avaient alors déposé plusieurs plaintes, amenant le parquet de Versailles à ouvrir une information judiciaire en avril 2012.