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EXCLUSIF. Affaire Bettencourt : l'expertise sur mesure du juge Gentil ?

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Le Point.fr - Publié le <time datetime="2013-05-30T11:33" itemprop="datePublished" pubdate=""> 30/05/2013 à 11:33</time> - Modifié le <time datetime="2013-05-30T11:35" itemprop="dateModified"> 30/05/2013 à 11:35</time>

Le magistrat avait refusé une confrontation des experts médicaux

de Liliane Bettencourt, parmi lesquels un ami proche, avec un neurologue indépendant.

 

 

 

 

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Liliane Bettencourt était-elle en état de faiblesse en septembre 2006 ?

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Liliane Bettencourt était-elle en état de faiblesse en septembre 2006 ? © Abaca

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Par et

 

 

 

Coup de tonnerre dans l'affaire Bettencourt. Le juge Gentil, qui instruit la mise en examen de Nicolas Sarkozy pour "abus de faiblesse" sur Liliane Bettencourt, serait lié à l'un des cinq experts médicaux qui avaient conclu à la fragilité mentale de l'héritière de L'Oréal, selon Le Parisien. Ces révélations, qui mettent en cause l'impartialité du juge d'instruction, sont d'autant plus embarrassantes que, depuis le début de cette affaire, de grosses suspicions pèsent sur les conditions d'examen de Liliane Bettencourt. L'expertise avait daté le début de l'affaiblissement mental de la milliardaire à septembre 2006.

Il s'agit d'un tournant déterminant dans l'affaire, car toutes les mises en examen pour "abus de faiblesse", à commencer par celle du chef de l'État Nicolas Sarkozy, en découlent. L'état de santé déficient de la milliardaire avait été validé par la justice en novembre 2011 et le juge des tutelles de Courbevoie avait alors placé l'octogénaire sous la tutelle de sa fille, Françoise Meyers-Bettencourt. Or, aujourd'hui, coup de théâtre, on apprend donc que le juge Gentil a désigné un ami comme expert neurologue dans cette procédure déterminante pour la suite de son instruction. Cela constitue sans aucun doute une faute déontologique de la part du magistrat et jette un doute sur l'impartialité des conclusions de cette expertise dont les avocats de la défense ne cessent depuis le début de contester la validité.

Cela peut-il conduire à la réclusion du magistrat dans cette affaire ? "C'est possible, mais il ne faut oublier qu'il y a dans ce dossier deux autres juges d'instruction", tempère un haut magistrat de la cour d'appel de Bordeaux. Un risque de réclusion peut-il peser sur elles aussi ? "Il sera difficile de prouver qu'elles étaient au courant du lien d'amitié entre Gentil et l'expert neurologue", précise le même magistrat.

Refus d'une confrontation

Pour ne rien arranger, Le Point.fr est en mesure de révéler que le juge Gentil a refusé une demande de confrontation entre les experts ayant pratiqué les examens sur Liliane Bettencourt et un grand neurologue. Selon nos informations, cette requête avait été effectuée en octobre 2012 par Me Pierre Haïk et Me Jacqueline Laffont, les avocats de Patrice de Maistre, l'ancien chargé d'affaires de la milliardaire. À l'époque, le juge Gentil avait botté en touche sous prétexte qu'il ne voyait pas l'utilité d'une telle confrontation...

Toujours selon nos informations, plusieurs avocats de la défense devaient se réunir ce matin pour déterminer d'une stratégie commune face à ce coup de théâtre. Une nouvelle demande d'annulation de l'expertise pourrait être déposée très rapidement. Le 6 juin prochain, la chambre d'instruction de la cour d'appel de Bordeaux devait examiner plusieurs requêtes d'annulation de la procédure dans l'affaire Bettencourt. Une date d'examen qui pourrait être repoussée en cas de nouvelle demande d'annulation...

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