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Deux jeunes liés à une mouvance d'extrême droite ont comparu jeudi à Lyon devant le tribunal correctionnel pour l'agression violente de quatre personnes en mai, dont l'une était d'apparence asiatique. Jacques Demarthon AFP
</aside>Deux jeunes liés à une mouvance d'extrême droite ont comparu jeudi à Lyon devant le tribunal correctionnel pour l'agression violente de quatre personnes en mai, dont l'une était d'apparence asiatique.
Les deux prévenus présentés au tribunal sont poursuivis pour «violences aggravées en réunion en raison de la race ou de l'ethnie de l'une des victimes».
Le 18 mai vers 3H00 du matin, quatre amis rentraient chez eux à vélo dans le IIIe arrondissement de Lyon lorsqu'un groupe d'une dizaine de jeunes leur ont barré la route. Ils se sont adressés à l'un d'eux: «Tu fréquentes une Asiatique, tu déshonores la France».
Très vite, alors que le jeune homme tentait de les calmer, ils l'ont frappé à coups de pieds et de poings, jusqu'à ce qu'il perde connaissance, puis s'en sont pris à son compagnon.
Christophe, 24 ans, en détention provisoire depuis son arrestation le 18 mai, a reconnu son appartenance au mouvement d'extrême droite le Gud (Groupe union défense), tandis que son acolyte, qui comparaissait libre sous contrôle judiciaire, a dit en être «sympathisant».
Un troisième prévenu, arrêté le même soir, a été mis hors de cause par la défense et les parties civiles, et a même été identifié comme appartenant à un groupe d'extrême gauche par la présidente du tribunal.
Visiblement encore très choqués par l'agression, les deux victimes des coups ont fait état à la barre de nombreuses blessures, dont un traumatisme crânien et des dents cassées, tandis que la jeune femme «asiatique» (originaire de la Réunion, ndlr), suffocante, s'est dite «traumatisée».
Jeudi, le tribunal cherchait notamment à déterminer si l'agression était préméditée. L'une des victimes a affirmé avoir croisé quelques minutes avant l'agression, dans une autre rue, le même groupe «qui scandait des slogans racistes comme +A bas les négros+» et les avait regardés.
Le sympathisant du Gud a avoué pour sa part: «ça fait plusieurs fois que des personnes de notre groupe interpellent des personnes dans la rue comme ça».
Alors que la présidente du tribunal, Isabelle Foch, a évoqué le jeune Clément Méric, tué par des militants d'extrême droite à Paris, afin de démontrer la gravité de ce genre d'agression, les prévenus ont refusé d'admettre un caractère politique à leur acte.
«On était alcoolisés et on a fait une grosse connerie, sans aucune raison», a simplement commenté Christophe, qui avait assisté l'après-midi précédant l'agression à une manifestation anti «mariage pour tous» et avait dit aux policiers avoir «la haine contre tout».
L'avocat des quatre victimes et de SOS Racisme, également partie civile, Me Bertrand Sayn, a dénoncé avant l'audience un «fléau à Lyon», où «pas moins de 13 agressions fascistes ont déjà été répertoriées en 2013».
Un quatrième prévenu, mineur, était présenté au juge pour enfants.