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AFP - La tension est montée à Bahreïn avec de violents incidents confessionnels après un attentat contre la police, à l'approche du Grand Prix de Formule 1 prévu le 22 avril dans ce petit pays du Golfe, agité depuis un an par une contestation chiite du régime sunnite.
"Les visiteurs à Bahreïn pour le Grand Prix de Formule 1 vont trouver des conditions sûres et stables", a pourtant affirmé le gouvernement dans un communiqué de l'Autorité des Affaires de l'information reçu mercredi par l'AFP.
Mais sur le terrain, la vague de violences qui secoue le pays a tourné à un affrontement confessionnel mardi soir lorsque des centaines de civils sunnites ont attaqué des habitants de villages chiites.
La Maison Blanche s'est dite "profondément préoccupée" par ces violents incidents et a appelé "toutes les parties à rejeter la violence sous toutes ses formes".
Selon des témoins, des civils sunnites se sont mobilisés à la suite d'appels sur les réseaux sociaux pour protester contre un attentat qui a blessé sept policiers lundi soir dans le village chiite Akr, au sud de Manama.
"J"ai vu des centaines d'hommes armés de couteaux et de bâtons se rassembler à un rond-point" à la limite entre le quartier sunnite de Rafah et les villages chiites du sud de Manama, a affirmé un témoin joint par téléphone par l'AFP.
"Ils arrêtaient les voitures et interrogeaient les passagers sur leur lieu de résidence pour déterminer leur appartenance confessionnelle", a ajouté ce chiite qui s'est juste identifié par son prénom, Hussein.
Dans un communiqué reçu par l'AFP, le principal mouvement de l'opposition chiite, Wefaq, a affirmé que "des groupes en civil, équipés d'armes blanches, ont "arrêté des voitures, interrogé leurs passagers et battu" des habitants de villages chiites.
Il a accusé "les services de sécurité de ne pas avoir rempli leur devoir en les dispersant ou en les empêchant d'attaquer les citoyens".
Le ministère de l'Intérieur a pour sa part affirmé que "des groupes ont organisé des rassemblements illégaux" et endommagé deux voitures et un établissement commercial, ajoutant que les forces de sécurité les avaient empêchés de pénétrer dans le village chiite de Noueidrat.
"La mobilisation confessionnelle menace l'unité de la société", a averti le ministre de l'Intérieur, cheikh Rached Al-Khalifa, en commentant l'attentat de lundi, "un crime" pour lequel quatre suspects ont été arrêtés selon lui.
"Je m'adresse aux Bahreïnis, sunnites et chiites, pour leur dire que (...) nous nous soucions de la sécurité de tous", a-t-il ajouté en recevant mardi soir une délégation parlementaire, selon l'agence officielle Bna.
Le Wefaq, principal animateur de la contestation, a répété pour sa part qu'il dénonçait "la violence d'où quelle vienne" tout en défendant "le droit à manifester pacifiquement".
Les autorités, engagées dans une course contre la montre pour assurer la tenue du Grand Prix de Formule 1 que la violence risque de compromettre pour la deuxième année consécutive, sont aussi sous fortes pressions concernant l'état de santé d'un militant chiite.
Abdel Hadi al-Khawaja, un Bahreïni qui a également la nationalité danoise, condamné à la prison à vie pour complot, serait en danger de mort, selon son avocat, en raison d'une grève de la faim qu'il observe depuis plus de deux mois.
Des dizaines de manifestants, appelant à la libération de M. Khawaja et brandissant son portrait, ont défilé mardi à Bilad al-Qadim, un village chiite, avant d'être dispersés violemment par la police alors qu'ils tentaient de marcher en direction de l'ambassade américaine, selon des témoins.
Aux pays qui se sont inquiétés pour M. Khawaja, dont les Etats-Unis, Manama a répondu sèchement les appelant à "respecter sa souveraineté et à ne pas s'ingérer dans ses affaires internes".