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Une semaine après le rassemblement à proximité de l'ambassade américaine à Paris contre le film islamophobe "L'Innocence des musulmans", un homme de 24 ans a écopé d'une peine de trois mois ferme de prison pour participation à un attroupement armé et port d'arme. Afin d'éviter toute nouvelle manifestation de ce type, la capitale française s'est dotée d'un important dispositif policier.
À la Rochelle, un homme a été interpellé par la police après avoir appelé à décapiter le directeur du journal satirique "Charlie Hebdo", qui avait publié mercredi 19 septembre des caricatures du prophète Mahomet.
Retour sur les évènements survenus ce samedi 22 septembre.
Un cheminot de 24 ans, converti à l'islam depuis quetre ans, a été condamné à cinq mois de prison, dont deux avec sursis, pour participation à un attroupement armé et port d'arme lors de la manifestation du samedi 15 septembre à proximité de l'ambassade américaine à Paris.
Dans son réquisitoire, le procureur Ariane Amson a jugé "troublant" que le jeune cheminot à la SNCF, qui n'était jamais allé auparavant à une manifestation comparable, ait pris avec lui une matraque télescopique. Celle-ci avait été retrouvée dans un buisson du jardin des Tuileries, après le signalement d'un touriste venu de province pour aller aux journées du Patrimoine.
Le prévenu a quant à lui expliqué qu'il avait pris cette matraque "par prévention" car il craignait que des extrémistes juifs se rendent à cette manifestation pour y perpétrer des violences. Il a par ailleurs expliqué qu'il était opposé aux manifestations, car elles ne correspondent pas aux préconisations des "savants", qui recommandent plutôt une "fatwa".
Son avocate, Me Raja Izem, a souligné qu'il n'était pas prouvé qu'il portait sur lui cette matraque au moment de la manifestation illégale.
Le prévenu, jugé en comparution immédiate devant le tribunal correctionnel de Paris, n'a pas été placé en détention à l'issue de l'audience contrairement à ce qu'avait demandé le procureur.
Un important dispositif policier a été déployé dans plusieurs quartiers de Paris, où la situation était calme en début d'après-midi ce samedi. Deux lieux de rassemblement ont fait l'objet de demandes refusées par la préfecture: les alentours de la Grande mosquée, dans le centre de la capitale, et la place du Trocadéro, dans l'ouest parisien.
A la mi-journée, alors que les fidèles quittaient dans le calme la Grande mosquée après la prière, une quinzaine de fourgons de CRS ainsi que des voitures banalisées étaient stationnés alentour, a constaté un journaliste de l'AFP. Plusieurs policiers en civil patrouillaient, talkie-walkie à la main. "Pour le moment, c'est calme. On espère qu'il ne se passera rien, nous refusons d'être instrumentalisés", a déclaré à l'AFP un responsable posté à l'entrée de la mosquée.
Le dispositif policier était très marqué place de la Concorde, dans l'un des quartiers les plus sécurisés de Paris puisqu'il compte l'Élysée et le ministère de l'Intérieur. Selon plusieurs journalistes de l'AFP, une vingtaine de fourgons de CRS et de gendarmes en tenue ont investi le quartier.
La publication mercredi 19 septembre par le journal satirique "Charlie Hebdo" de caricatures du prophète Mahomet, dont deux le représentent nu, a provoqué une série de manifestations à l'étranger et en France. Ce samedi, un homme d'une quarantaine d'années, soupçonné d'avoir appelé à décapiter le directeur de "Charlie Hebdo" sur un site jihadiste, a été interpellé à La Rochelle.
Cet individu, placé en garde à vue, est notamment soupçonné d'avoir écrit sur ce site internet radical: "Qui m'apporte cette tête, c'est le vase qui déborde". Il aurait également appelé à surveiller le directeur de l'hebdomadaire satirique, sans préciser son nom. Et d'ajouter : "L'essentiel, ne le laissez pas vivre en paix".
France 24 avec dépêches