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Florange - Édouard Martin à François Hollande : "Nous laisserez-vous être sacrifiés ?"

Le Point.fr - Publié le <time datetime="2012-12-28T06:33" itemprop="datePublished" pubdate=""> 28/12/2012 à 06:33</time> - Modifié le <time datetime="2012-12-28T07:02" itemprop="dateModified"> 28/12/2012 à 07:02</time>

Le leader CFDT a écrit une lettre ouverte au président de la République et demande au gouvernement d'intervenir pour sauver les salariés de Florange.

Le leader CFDT d'ArcelorMittal à Florange dénonce l'abandon du site par la direction du groupe et en appelle une nouvelle fois au gouvernement.

Le leader CFDT d'ArcelorMittal à Florange dénonce l'abandon du site par la direction du groupe et en appelle une nouvelle fois au gouvernement. © Jean-Christophe Verhaegen / AFP


 

Dans une lettre ouverte adressée jeudi à François Hollande, et publiée par Le Républicain Lorrain et le site Mediapart, le leader CFDT de l'usine ArcelorMittal de Florange (Moselle), Édouard Martin, dénonce les "mensonges et absurdités" à propos de l'aciérie lorraine, et demande au président de ne "pas laisser les salariés être sacrifiés" : "On fait payer Florange. Ça fera du bruit, mais ça se fera quand même, pense Mittal. Dans notre système français, seul le gouvernement peut l'empêcher. Le gouvernement laissera-t-il faire ?" interroge Édouard Martin.

"Monsieur le président, après vos promesses, nous laisserez-vous être sacrifiés sans comprendre et arrêter cette mécanique à nous broyer ?" poursuit-il. Le responsable CFDT conteste notamment l'accord conclu fin novembre entre le Premier ministre Jean-Marc Ayrault et le numéro un mondial de l'acier. "Il n'y aura pas de plan social parce que la pyramide des âges de l'usine conduira au départ naturel de plus de 600 personnes en trois ans. Dès lors, faire un plan social coûterait plus cher à Mittal qui devrait payer les indemnités de licenciement", estime Édouard Martin. "Ne pas avoir de plan social est une bonne chose, mais ce n'est pas une victoire", souligne-t-il.

"L'usine est compétitive"

L'engagement de Mittal à investir 180 millions d'euros sur le site mosellan est également critiqué, car " ce montant contient les dépenses opérationnelles et de maintenance : ce qui reste pour les investissements stratégiques est insuffisant", estime le syndicaliste. "Même la maintenance n'est plus faite correctement, les dépenses ont été divisées par deux depuis 2008 et Florange, comme Gandrange naguère et la plupart des usines de Mittal, est une usine qui se dégrade à vue d'oeil", écrit-il au président de la République.

La fermeture des hauts-fourneaux P3 et P6, les derniers de Lorraine, est dénoncée par le syndicaliste, qui observe que le projet Ulcos, conditionné à un accord de financement par l'Union européenne, "n'a de sens que sur des hauts-fourneaux pérennes". "La vérité, c'est que l'usine de Florange est compétitive, y compris sa filière chaude, ses hauts-fourneaux, son aciérie. Ce n'est pas un slogan syndical. C'est ArcelorMittal qui le dit en 2011, juste avant de nous arrêter les hauts-fourneaux", affirme encore le leader CFDT, selon qui Florange est "la deuxième meilleure des cinq usines ArcelorMittal d'Europe du Nord".


lettre à François Hollande

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