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Le Point.fr - Publié le <time datetime="2012-11-23T19:22" itemprop="datePublished" pubdate=""> 23/11/2012 à 19:22</time> - Modifié le <time datetime="2012-11-23T19:50" itemprop="dateModified"> 23/11/2012 à 19:50 </time>
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Arnaud Montebourg met la pression sur ArcelorMittal. © Jean-Christophe Verhaegen / AFP
Parfois brocardé comme le "ministre des usines qui ferment", Arnaud Montebourg, de plus en plus soutenu dans son camp, parviendra à justifier son poste au Redressement productif s'il fait plier ArcelorMittal et sauve Florange.
En revanche, une défaite serait désastreuse. Après avoir écumé les champs de bataille sociale et s'être attaqué successivement à PSA, Rio Tinto, Sanofi, Doux, Alcatel et SFR avec plus ou moins de succès, l'ancien candidat à la primaire mène aujourd'hui la mère de toutes ses batailles. "Je ne peux pas nier que c'est un dossier très important pour lui", explique le député de l'Essonne Malek Boutih, l'un de ses proches. "S'il perd la bataille de Florange, il va être réduit au ministre qui va jeter quelques bouées de secours", poursuit-il, tout en estimant qu'"au-delà, c'est l'exécutif, qui joue gros".
Depuis deux mois, et tout particulièrement ces derniers jours, il affronte le géant de l'acier ArcelorMittal, qui menace de fermer les hauts-fourneaux de Florange, avec une stratégie extrême : si l'homme d'affaires indien n'accepte pas de vendre tout le site, le gouvernement menace d'en prendre le contrôle temporairement, avant de le céder dans le périmètre qu'il souhaite.
Considéré un temps comme isolé au sein du gouvernement, certains de ses membres n'aimant pas forcément son activisme médiatique, d'autres dirigeants socialistes raillant "le ministre des usines qui ferment", Arnaud Montebourg a engrangé vendredi un nombre important de soutiens - pour certains inattendus - à sa stratégie face à Lakshmi Mittal.
Le président du groupe socialiste au Sénat François Rebsamen, qui n'est pourtant pas un proche du ministre, a apporté "son soutien plein et entier" à sa démarche. D'autres députés, comme Arnaud Leroy ou Patrice Prat, lui ont apporté publiquement leur soutien.
"Il est soutenu, plutôt très soutenu" dans la majorité, confirme le député Thierry Mandon, en particulier "dans les groupes parlementaires", ajoute Malek Boutih. Et difficile de ne pas lire un appui au plus haut sommet de l'État. Ni le Premier ministre Jean-Marc Ayrault ni le président de la République n'ont pour l'instant contredit l'idée d'une nationalisation temporaire, pourtant longtemps exclue.
En tout cas, ceux qui n'approuvent pas font profil bas. "C'est lui qui gère ça tout seul, Matignon n'intervient pas", indique-t-on de source gouvernementale. Et quand Michel Sapin, vendredi matin, nuance les propos d'Arnaud Montebourg à propos d'un possible contrôle temporaire de l'État sur Florange ("On n'est plus dans une époque où on nationalise la sidérurgie", avait-il déclaré sur LCI), un communiqué commun tombe quelques minutes plus tard : les deux ministres y affirment leur plein accord... sur ce qu'"a indiqué Arnaud Montebourg hier au Sénat".
Si Arnaud Montebourg parvient à faire plier Mittal, il fera définitivement taire ses détracteurs. Dans le cas contraire, ceux qui, à l'instar de l'ancien Premier ministre François Fillon, dénonçaient son "arrogance" pourront s'en donner à coeur joie. "Il s'est exprimé avec tellement d'arrogance, donnant des leçons à la terre entière, dans l'opposition, puis quand il est arrivé au pouvoir en disant qu'il allait pouvoir sauver des entreprises et, aujourd'hui, l'élastique lui revient dans la figure", avait déclaré le député UMP de Paris, début octobre, le jour où ArcelorMittal annonçait la fermeture des hauts-fourneaux.