Il était devenu urgent de réagir, et à défaut d'y avoir mis l'éclat l'OM a renoué avec la victoire pour la première fois depuis 5 journées. En battant (3-1) une équipe d'Ajaccio qui pourra longtemps maudire son mauvais début de saison, Marseille peut encore croire à un avenir européen via la C3. Difficile en revanche de savoir si ce résultat lui a réellement permis de retrouver la confiance, tant le scénario du match lui aura encore fourni des sueurs froides.
Sifflets, banderoles et slogans demandant la tête de José Anigo... Avant d'être sur la pelouse le spectacle était en tribunes, où les quelques 15 000 spectateurs qui avaient daigné garnir le Vélodrome n'ont laissé presque aucun répit à leurs joueurs.
Dans cette ambiance hostile et sans Valbuena qui a préféré renoncer durant l'échauffement, l'OM a apporté la seule réponse susceptible de calmer - provisoirement - le courroux de ses aficionados, en ouvrant rapidement le score.
Un long ballon de Mendes dans le dos de la défense corse a permis à Ayew d'aller défier Ochoa, qu'il a ajusté d'un lob parfaitement dosé (0-1, 4e). Mis sur les rails, l'OM a tenté de surfer sur ces bons débuts mais s'est heurté au portier mexicain, comme souvent inspiré lors des gros matches. Deux arrêts coup sur coup sur une demi-volée d'Ayew (14e) et une tête de Khalifa (15e) ont mis en lumière ses réflexes, mais il était loin du compte sur une énorme occasion que Gignac n'a pas cadré à bout portant suite à un corner (28e).
Pragmatiques, les Corses ont laissé passer l'orage se contentant d'abord d'un enchainement rapide de Tallo (17e) avant de prendre petit-à-petit confiance. Jusqu'à mettre sérieusement en péril la confiance marseillaise, déjà pas bien grande. Au coeur de la bronca du Vélodrome, il s'en est fallu de peu pour que l'ACA recolle mais le poteau a empêché Diarra de conclure une action collective de classe (44e).
Repartie sur un faux-rythme en dépit de deux tentatives trop mièvres de Gignac d'un côté (55e) et André de l'autre (57e), la partie va s'emballer après l'heure de jeu. Bien trouvé par un centre chirurgical de Payet, Ayew va s'offrir un doublé de la tête (2-0, 60e) pour ce qu'on croyait être le but du break et de la libération. Mais il n'en sera rien, l'ACA recollant dans la foulée sur une action confuse, conclue victorieusement par Tallo malgré deux hors-jeux successifs (2-1, 61e).
Englué dans ses doutes, Marseille a eu le mérite de ne pas tendre l'autre joue, profitant de la baisse de régime physique des Corses. Une usure flagrante sur le troisième but phocéen, avec un oubli coupable sur Dja Djedje qui a pu centrer en retrait sur Ayew qui s'est offert un triplé (3-1, 76e). L'OM n'a pas chassé ses doutes, ni réconforté ses supporters. Mais en attendant de retrouver l'étincelle il se contentera des points. Un moindre mal, finalement, au vu du contexte.
Marseille, une équipe classée 11e du Classement alternatif du Point.fr (Cap)
Ajaccio, une équipe classée 14e du Classement alternatif du Point.fr (Cap)