C'est un tremblement de terre ! En concédant le nul face à la Finlande jeudi soir (1-1), l'Espagne rend un rêve possible, celui des Bleus de Deschamps de terminer premiers de leur groupe et de se qualifier directement pour le Mondial 2014. Ces derniers possèdent désormais leur destin entre les pieds: un nul face aux champions d'Europe en titre mardi puis des victoires ensuite face à la Biélorussie et la Finlande leur assureraient un ticket en première classe pour le Brésil.
Un succès contre une Espagne doublement revancharde (le 1-1 à Madrid en octobre et la contre-performance de la Finlande) leur donnerait un joker mais surtout une avance incroyable, inimaginable lors du tirage au sort de la poule.
France - Espagne garde donc toute sa magie, son attente à couper le souffle et ses surprises potentielles car la France s'est donnée tous ses droits en remplissant avec sérieux son premier devoir. Une maîtrise apocalyptique de la mi-temps a mis à sac le plan de la Géorgie. Trop pressés d'atteindre la pause mais pas assez de revenir dans la partie, les hommes de Temur Ketsbaia ont ruiné l'opération béton en deux minutes (45e+1, 47e). La Géorgie avait encore plus raté son match en vendangeant deux occasions, quasiment les deux plus belles de la première période, sauvées in extremis par Hugo Lloris (28e et 41e).
En passant l'obstacle, les Bleus ont ainsi offert une prestation bizarre, s'abandonnant un peu trop complaisemment au danger tout en manquant la possibilité de se libérer plus tôt, notamment à cause de deux gros ratés de Giroud et de Benzema, dont seul le second finira le match sans marquer, étirant les doutes sur ses aptitudes d'attaquant indispensable en sélection (929 minutes sans but en équipe de France). Il va arriver un moment où le Madrilène va manquer de défenseurs mais uniquement en dehors du terrain car dessus, on dirait qu'il y en a toujours trop pour lui.
Le verrou forcé, France - Géorgie n'a pas échappé à la règle du genre et les Tricolores ont alors séduit par l'accumulation des buts et de la menace, parvenant à mêler sérénité collective et confiance individuelle pour les Giroud, Valbuena et Ribéry, tous auteurs de jolies réalisations. Pour Valbuena, c'est sans doute inscrit dans son contrat de pige avec l'équipe de France, le Marseillais ne pouvant s'empêcher de marquer les esprits à chaque fois qu'il augmente ses statistiques en sélection. Il sortira sous les applaudissements d'un stade de France qui manifestement aime les esthètes mais qui s'exprime si peu qu'il est parfois difficile de savoir ce qu'il apprécie profondément. Mardi, le public a le droit de déclencher une furia, c'est le match de l'année avec ses deux prolongements entre le PSG et le Barcelone.
