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François Hollande brouille les pistes

François Hollande brouille les pistes
LE LUNDI 21 AVRIL 2014 À 07:40
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La libération des ex-otages a offert à François Hollande une trêve de courte durée, lui qui a lié à la baisse du chômage son éventuelle candidature en 2017.

Hollande brouille les pistes © FranceInfo

Le président avait l'humeur badine hier matin, n'hésitant pas à faire de l'humour avant l'atterrissage, à Villacoublay, de l'hélicoptère ramenant les quatre journalistes enfin libérés. François Hollande leur a réservé un accueil républicain, chaleureux et sobre, s'effaçant derrière le bonheur retrouvé des familles, des proches, et d'une Nation toute entière qui a célébré le retour des siens. Les bonnes nouvelles sont si rares. Cette cérémonie a mis entre parenthèses les turpitudes élyséennes qui ont fait trembler un pouvoir trop souvent à côté de ses pompes.

Allusion à l'éviction d'Aquilino Morelle qui n'a pas trainé.

L'affaire mise en ligne jeudi par Mediapart et bouclée en 24h chrono, a consacré la toute-puissance de Jean-Pierre Jouyet qui, à peine nommé secrétaire général de l'Elysée, a contraint le conseiller du président à répondre sans attendre aux soupçons de conflit d'intérêts avec les labos. Mais le plus ravageur dans le récit de Mediapart restera le cireur de chaussures qu'Aquilino Morelle convoquait au Château. François Hollande y a vu une bombe médiatique, au lendemain des annonces de Manuel Valls sur le plan d'économies qui frappe fonctionnaires et retraités. Il ne manquait plus quel la tirade des Confessions de Jean-Jacques Rousseau : "Qu'ils mangent de la brioche". Cette histoire pourrait devenir le Fouquet's du président Hollande.

Le départ d'Aquilino Morelle reste un coup dur.

L'inspirateur du discours du Bourget contre la finance, c'était lui, tout comme la taxe à 75%, autant de marqueurs de la campagne de 2012 attribués à celui qui devait faire le lien avec Manuel Valls à Matignon. Il va falloir le remplacer. Cet épisode a révélé que quelque chose a peut-être changé au sommet du pouvoir. Jean-Pierre Jouyet qui impose sa marque à l'Elysée. Et Jean-Christophe Cambadélis, le tout nouveau patron du PS, qui a donné le coup de grâce en déclarant à propos de Morelle : " je ne vois pas comment il reste ". Les nouveaux semblent vouloir faire le ménage, et vite.

La séquence a poussé François Hollande à évoquer 2017.

Aveu de faiblesse, une envie d'ailleurs, le président s'est en tous les cas senti obligé d'allumer ce contre-feu, en liant sa candidature en 2017 à une éventuelle baisse du chômage. Le chef de l'Etat, à la vérité, a montré qu'il était parfaitement conscient de la situation, et s'est donné un ballon d'oxygène : l'échéance de l'inversion de la courbe du chômage, qu'il s'était fixée à tort au début de cette année, est - de fait- repoussée à la fin 2016. La promesse d'une phase 2 du quinquennat, liée à un retour de la croissance, devient hypothétique, voire chimérique. Ce sera long et dur. Le week-end pascal et l'heureux dénouement pour les ex-otages tombent à point nommé. François Hollande, dont le chemin de croix se poursuit, est en quête de résurrection.

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