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François Hollande : l'impopularité anormale

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Le Point.fr - Publié le <time datetime="2013-05-06T20:52" itemprop="datePublished" pubdate=""> 06/05/2013 à 20:52</time>

La courbe de confiance du président de la République est historiquement basse, comparé à celle de ses prédécesseurs au même stade de leur mandat.

 

 

 

<figure class="media_article panoramique" itemprop="associatedMedia" itemscope="" itemtype="http://schema.org/ImageObject"> Francois Hollande est le président le plus impopulaire de la Ve République <figcaption>Francois Hollande est le président le plus impopulaire de la Ve République © SIPA </figcaption> </figure>

 

 

 

 

 

 

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François Hollande a du mérite de ne pas "se laisser impressionner" par les sondages. Car après un an d'exercice du pouvoir, il est devenu le président le plus impopulaire de l'histoire de la Ve République. Au même stade de leur mandat, la cote de confiance de ses prédécesseurs a connu des baisses substantielles, mais aucun n'était encore tombé aussi bas dans l'opinion.

Depuis qu'il a été élu avec 50 % des voix en mai 2012, sa cote de confiance est en chute libre. Résolu à rompre avec l'interventionnisme médiatique de son prédécesseur, le président est aujourd'hui mis en difficulté par une crise multiforme, l'absence de perspectives économiques favorables et l'augmentation du chômage, autre record funeste de ce début de quinquennat.

Il est également apparu impuissant face aux fermetures de nombreux sites industriels, et incapable de réduire le déficit public qui culmine à 4,8 % du PIB. De plus, les nombreuses dissonances au sein de son gouvernement, dont la dernière en date concernait la vente ratée de la start-up française Dailymotion à l'américain Yahoo!, ont donné les apparences d'un déficit d'autorité présidentielle. Et ce n'est pas l'affaire Cahuzac qui va atténuer la défiance des Français à l'égard du gouvernement.

Conséquence : malgré une éclaircie passagère liée à l'intervention militaire de la France au Mali, sa cote de popularité est tombée à 25 % d'opinions favorables, selon le baromètre politique Ipsos/Le Point du 6 mai 2013. Ils sont 72 % à porter une opinion défavorable sur l'action du chef de l'État, toujours selon la même étude. Au petit jeu des comparaisons, il ne fait pas de doute que si François Hollande a remporté une bataille, c'est celle de l'impopularité.

Nicolas Sarkozy, le président des riches

© Sipa

Le 16 mai 2007, Jacques Chirac passe le flambeau à un Nicolas Sarkozy élu avec 53,06 % des suffrages exprimés au second tour, face à la candidate socialiste Ségolène Royal. Selon une enquête TNS Sofres, publiée le 8 mai 2007, 50 % des Français étaient alors satisfaits de sa victoire contre 41 % d'avis inverse.

Pendant les quatre premiers mois de son élection, il est en état de grâce : la mise en place des réformes (loi Tepa, loi sur la récidive, service minimum dans les services publics...) et la libération des infirmières bulgares le placent non loin de ses prédécesseurs avec une cote de confiance qui tourne autour des 60 %. Mais par la suite, celui qui se présentait comme "le président du pouvoir d'achat" sera surtout considéré comme "un président bling-bling" qui défend les riches.

Entamée suite à sa rupture avec Cécilia Attias, sa chute dans l'opinion s'accélère après l'abaissement du seuil du bouclier fiscal à 50 %, l'allègement de l'ISF et des droits de succession. Au bout d'un an à la tête de l'État, il récolte près de 60 % d'opinions défavorables (Ipsos/Le Point). Seulement 36 % des Français lui accordent toujours leur confiance.

Nicolas Sarkozy a atteint son plus bas niveau de popularité en avril 2011, quatre ans après le début de son mandat, avec seulement 29 % d'opinions favorables.

Jacques Chirac, président proche du peuple

Le 17 mai 1995, Jacques Chirac remporte le deuxième tour de la septième élection présidentielle française avec 52,74 % des voix, face au candidat socialiste Lionel Jospin. Une victoire servie par une campagne basée sur "la fracture sociale" et une image sympathique véhiculée par les Guignols de l'info qui lui prêtent un slogan de campagne inoubliable : "Mangez des pommes."

Mais un an après son élection, sa cote de confiance passe de 64 % à 47 %, selon l'Institut de sondage TNS-Sofres. En cause : la politique de rigueur imposée par Maastricht, et qui va à l'encontre de ses promesses de campagne, la reprise des essais nucléaires et l'annonce du plan Juppé sur les retraites et la sécurité sociale, à l'origine du plus important mouvement de grève depuis Mai 68.

Par la suite, il conservera une cote de popularité assez haute grâce à une image de président proche du peuple. Mais il atteindra tout de même son record d'impopularité au bout de dix ans de pouvoir, avec seulement 27 % d'opinions favorables (Ipsos/Le Point), suite à l'échec du référendum sur la Constitution européenne en juin 2005.

François Mitterrand : l'état de grâce

Ramenant la gauche au pouvoir après 24 ans de disette au terme d'une élection remportée à 51,76 % des suffrages contre Valérie Giscard d'Estaing, François Mitterrand a la cote lors sa prise de fonctions en 1974. Dès le premier mois, 74 % des Français déclarent lui faire confiance contre 63 % un an plus tard (étude TNS/Sofres). Une baisse importante de la courbe, mais le premier président socialiste de la Ve République semble toujours considéré comme l'homme de la situation.

Sa première année est marquée par la dissolution de l'Assemblée nationale, qui lui permet d'obtenir la majorité absolue au Parlement. Par la suite, il fera adopter de nombreuses réformes sociales et mettra en place une vague de nationalisations (loi du 13 février 1982).

Il est souvent considéré comme le dernier président à avoir connu un réel état de grâce, même si à partir de juin 1983, trois mois après le tournant de la rigueur, les Français qui ne lui font pas confiance deviennent majoritaires. Il sera réélu par une très large majorité en 1988 et bénéficiera d'une excellente conjoncture économique (4,7 % de croissance en 1988, 4,2 % en 1989).

Valérie Giscard d'Estaing : le président moderne


Le 27 mai 1974, VGE sort vainqueur de son duel avec François Mitterrand au terme d'une élection qui restera comme la plus serrée de l'histoire de la Ve République. À peine élu, il s'attaque aux symboles de la nation pour offrir les apparences d'une France plus jeune et plus moderne. Il adoucit le bleu du drapeau, change le rythme de la Marseillaise, donne des interviews en anglais, simplifie le protocole et tente de paraître toujours plus proche des Français.

Outre les changements sur la forme, sa première année restera marquée par un plan de lutte contre l'inflation, l'abaissement de la majorité civile à 18 ans, la fin de la politique d'incitation à l'immigration, et le vote de la loi Veil, autorisant l'avortement. La révision constitutionnelle de 1974 permet aussi de garantir la supériorité de la Constitution sur les lois. Son action à la tête de l'État garantit à Valérie Giscard d'Estaing la confiance de 53 % de l'opinion, un an après son élection.

C'est donc par son ampleur que la baisse de la cote de confiance de François Hollande se distingue. Figurant parmi les dirigeants les plus impopulaire d'Europe, les différents sondages sont alarmants pour l'ancien député de Corrèze : si l'élection présidentielle avait eu lieu le ce week-end, il n'aurait pas survécu au premier tour (seulement 19 % de sondés auraient voté pour lui, selon un sondage CSA). Avec 34 % d'intention de vote pour Nicolas Sarkozy et 23 % pour Marine Le Pen, la bataille du second tour aurait été monopolisée par la droite.

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