C'est fait. Selon nos informations, ce samedi, les conseils d'administration Holcim et Lafarge ont été tour à tour réunis pour approuver le projet de rapprochement des deux groupes cimentiers. Celui du Suisse avait été convoqué ce matin, tandis que les administrateurs de Lafarge avaient rendez-vous à 18 heures. Et dans les deux cas, ils ont approuvé l'opération. Lafarge ne faisait aucun commentaire samedi soir.
Economies d'échelle
C'est donc un nouveau numéro un mondial du ciment qui va naître de la «fusion d'égaux» des deux groupes qui avaient confirmé vendredi leurs discussions. Techniquement, la transaction sera réalisée par le lancement d'une offre publique d'échange par Holcim sur Lafarge, intégralement payée en actions donc. Conséquence, le futur groupe aura son siège social en Suisse et deux sièges opérationnels, l'un en France et l'autre en Suisse. Bruno Lafont, le PDG de Lafarge, prendra les commandes opérationnelles (il sera CEO) du nouveau groupe, dont le président (Chairman) sera Suisse.
L'opération est guidée par la volonté des deux cimentiers de rechercher d'importantes économies d'échelle, et bénéficier de la taille qu'ils auront ensemble pour leurs investissements en recherche et développement. Il s'agit, pour les deux leaders européens, de s'armer pour affronter la concurrence des nouveaux géants des pays émergents, qui profitent du dynamisme de leurs marchés locaux. En bourse, Lafarge et Holcim devraient ensemble peser près de 40 milliards d'euros. Les deux groupes ont convaincu ce samedi leurs grands actionnaires présents à leurs conseils respectifs, et notamment, dans le cas de Lafarge, le Groupe Bruxelles Lambert d'Albert Frère (20% du capital) et NNS, la holding de Nassef Sawiris (13%)
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