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Futur : voitures sans chauffeur, routes sans bouchons

Futur : voitures sans chauffeur, routes sans bouchons

Les constructeurs automobiles peaufinent leur technologie : dans moins d’une dizaine d’années, l’automatisation de la conduite devrait permettre de mieux réguler la circulation.

Maxime Benoit | Publié le 19 août 2013, 20h20 | Mise à jour : 22 août 2013, 19h30  
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<figure> Bientôt, vous n'aurez plus besoin de regarder la route pour arriver à bon port. <figcaption class="chapeau">Bientôt, vous n'aurez plus besoin de regarder la route pour arriver à bon port. Volvo</figcaption> </figure>
 

Après s’être allongé au soleil, l’estivant doit souvent surmonter une terrible épreuve à l’heure de rentrer : les embouteillages. Perte de temps, stress... il paie un lourd tribut à ces serpents de métal, de bruit et de pollution qui sillonnent les autoroutes.

Selon une étude publiée en 2012 par le cabinet britannique Centre for Economic and Business Research sur la circulation en , en Allemagne et au Royaume-Uni, les embouteillages dans l’Hexagone coûteraient 5,6 milliards d’euros par an, soit 623 euros par foyer, en carburant gaspillé, accidents, pannes. ..

Pour lutter contre ce fléau, les centres de recherche des constructeurs automobiles envisagent de laisser le volant aux machines. Avec des voitures sans chauffeur et capables de communiquer entre elles, la capacité des autoroutes pourrait plus que tripler !


Cliquez sur l'infographie pour l'afficher en grand.

Ce chiffre impressionnant est le fruit d’une étude publiée en 2011 par une chercheuse de l’université américaine de Columbia, Patcharinee Tientrakool. « Avec le pilotage manuel, explique-t-elle, le flux moyen sur les autoroutes est de 2 868,98 véhicules par heure et par voie.

Il pourrait atteindre demain 10 720,64 véhicules. » Autre élément clé : l’impact sur les conditions de conduite sécurisée. « A 100 km/h, la distance de sûreté nécessaire entre deux voitures est de 30,55 m.

Si ces dernières sont automatisées et communiquent entre elles, cette distance peut être réduite à 5,03 m. » Car les voitures adapteraient leur allure en fonction de la circulation, pour éviter tout arrêt ou ralentissement intempestif.

Avec un pilote humain, limité par son délai de réaction, une telle optimisation est impensable.

Pour profiter des bienfaits de ces voitures intelligentes, l’idée est de les rassembler en de véritables trains de véhicules automatisés. Telle est l’ambition du projet européen Sartre (Safe Road Trains for the Environment), qui regroupe, sous l’égide de la Commission européenne, le constructeur suédois et la compagnie d’ingénierie anglaise Ricardo, entre autres. Sartre prévoit de former des convois allant jusqu’à quinze voitures dirigés par un véhicule de avec un seul pilote.

Les autres chauffeurs n’ont qu’à se laisser guider. Les engins de cette caravane automatisée communiquent en permanence et régulent leurs interactions grâce à un réseau WiFi. La dernière série d’essais en situation réelle (lire encadré), en 2012, s’est avérée concluante et le système devrait être mis en place d’ici à 2020.

Outre les effets bénéfiques sur le trafic de ces voitures parfaitement synchronisées entre elles, le convoi pourrait générer une économie de 10 à 20 % de carburant grâce à une conduite sans à-coups et de meilleures performances aérodynamiques.
L’équipementier Bosch a mis au point l’Adaptative Cruise Control (ACC). Ce régulateur de vitesse automatique fluidifie le trafic. – Bosch


















« La technologie est déjà là »

« Les gens pensent que la conduite automatisée, c’est de la science-fiction, mais la technologie est déjà là », insiste Linda Wahlström, responsable du projet Sartre chez Volvo, qui devrait être opérationnel avant la fin de la décennie.

Plusieurs constructeurs, comme BMW, Mercedes ou Ford, peaufinent actuellement leur système d’automatisation sur autoroute. Dans le cadre de son projet Highway Pilot, l’allemand Bosch, premier équipementier automobile mondial, teste des voitures sans conducteur sur les autoroutes outre-Rhin.

Dotées de capteurs détectant les usagers à proximité et d’un GPS calculant leur position, elles tiennent même compte de la signalisation. Grâce à des caméras filmant les panneaux et le marquage au sol, elles décodent les règles de circulation et réagissent : ralentir, doubler, se rabattre...

« Pour les embouteillages, le Highway Pilot réagit bien plus rapidement qu’un homme. Il n’y a pas de délai au redémarrage ni “d’effet accordéon” », souligne Franck Cazenave, directeur de l’innovation chez Bosch.

Ce système sera commercialisé d’ici à 2020 mais Bosch équipe d’ores et déjà plusieurs véhicules, dont ceux de la marque allemande Audi, avec l’Adaptative Cruise Control (ACC). Ce régulateur de vitesse automatique permet au véhicule, en ville, d’accélérer et de freiner automatiquement en fonction du trafic, grâce à des capteurs et des caméras.

Dès l’année prochaine, il permettra l’arrêt et le redémarrage automatique. Chez BMW, un dispositif similaire équipera avant la fin de l’année certains véhicules, qui se conduiront tout seuls jusqu’à 40 km/h.

Le constructeur teste également ses voitures automatisées sur autoroute.

Pourtant, il faudra attendre encore quelques années avant de profiter de cette technologie. Outre les tests et les perfectionnements à apporter, le cadre légal européen doit être adapté.

« Pour le moment, une voiture sans pilote est illégale, explique Werner Huber, responsable du développement de la conduite automatisée chez BMW, cela entre en contradiction avec la convention de Vienne sur la circulation routière. »

Il reviendra donc aux Etats signataires, dont la France et les pays de l’Union européenne, de la modifier. Et de permettre ainsi aux voitures d’obtenir leur permis de conduire
 

Un seul conducteur pour quatre véhicules



Au mois de mai 2012, une étape importante a été franchie en matière de conduite automatique. Un essai en situation réelle s’est déroulé en Espagne, sur une autoroute proche de Barcelone.

Un convoi, composé d’un camion suivi de trois voitures distantes de six mètres, était guidé par un poids lourd conduit par un chauffeur formé pour cette opération. Les quatre véhicules ont ainsi parcouru 200 km à 85 km/h sans que les passagers installés au volant n’aient eu à intervenir.

Equipés de caméras, de radars et de systèmes de détection par laser, ils ont simplement « imité » le camion de tête. Si ces essais concluants se répètent, il sera peut-être bientôt possible de regarder un film, manger, voire de dormir au volant.

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