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Genève : l'extrême droite poursuit son offensive contre les frontaliers

Le Point.fr - Publié le 24/05/2012 à 17:55 - Modifié le 24/05/2012 à 17:56

Après les infirmiers, le Mouvement citoyens genevois (MCG) dénonce le nombre de chauffeurs de bus français.

Genève a décrété la préférence cantonale pour l'embauche de travailleurs depuis le début de l'année 2012.

Genève a décrété la préférence cantonale pour l'embauche de travailleurs depuis le début de l'année 2012. © Tristan Deschamps / AFP

 

Vendredi 25 mai, 96 chauffeurs des Transports publics genevois (TPG) vont être assermentés. L'information n'aurait valu qu'une simple brève dans la presse locale, sauf que le Mouvement citoyens genevois (MCG), l'organisation la plus à droite de l'échiquier politique local, s'est emparé de l'événement, pour dénoncer l'embauche de 45 frontaliers parmi les 96 conducteurs de bus.

Sous le titre "Frontaliers aux TPG : engagements inacceptables", le MCG s'en prend une nouvelle fois aux Français travaillant dans le canton de Genève. Alors qu'au niveau de la Confédération, l'Union démocratique du centre (UDC), la formation du leader populiste Christoph Blocher, se taille la part du lion (26,5 % des suffrages aux dernières élections), dans le canton de Genève, le MCG se livre à une surenchère xénophobe.

Préférence cantonale

Son leader, Eric Stauffer, 48 ans, est actuellement candidat, à l'occasion d'une élection partielle le 17 juin prochain, au poste de conseiller d'État (ministre) du Département de la sécurité, de la police et de l'environnement. Ce personnage haut en couleur, né d'une mère italienne, a été exploitant d'un commerce de nourriture pour poissons, avant de devenir financier, puis de se spécialiser dans la téléphonie mobile. Il a fait de la lutte contre l'embauche des frontaliers son fonds de commerce.

Sous la pression du MCG, les Hôpitaux universitaires genevois (HUG) annonçaient récemment qu'ils éviteraient dorénavant de nommer des frontaliers aux postes d'unités de soins. Bernard Gruson, le directeur, suggérait même qu'il préférait embaucher un résident genevois plutôt qu'un frontalier, "même s'il est moins bon"...

Salaire moyen : 7 200 euros

Peu après ces déclarations musclées, un tract nauséabond s'en prenait à "cette racaille frontalière", dénonçant l'"arrogance", le "mépris" des quelque 95 000 frontaliers, domiciliés en Haute-Savoie et dans l'Ain, qui viennent travailler chaque matin dans le canton de Genève. Le tract ajoutait : "Brûlons leurs maisons, leurs voitures. Frontalier(e)s, dégagez de gré ou de force !"

Concernant l'embauche au sein des Transports publics genevois (TPG), le Mouvement citoyens genevois assure que la politique menée "est une atteinte grave de la part d'une institution de droit public, laquelle fait fi d'un problème important : résoudre le chômage qui frappe de nombreux citoyens de notre canton". Alors qu'en fait, le chômage touche moins de 5 % des Genevois.

Enfin, le MCG s'attaque à la Caisse cantonale de chômage, coupable d'apporter "une assistance active aux frontaliers sans emploi". Cette ruée vers le canton de Genève s'explique en grande partie en raison des hauts salaires proposés en Suisse. La Tribune de Genève révélait dans son numéro du 18 avril qu'un fonctionnaire gagnait en moyenne 8 990 francs suisses, soit 7 200 euros ! Il n'est pas rare que, pour une telle rémunération, des enseignants français lâchent leurs classes en France voisine pour devenir facteurs ou... conducteurs de bus à Genève.

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