«Olivier Giroud, vous sentez-vous prêt à souffrir plus que d’ordinaire, mardi soir, pour vous qualifier pour le mondial ?
On est prêt à mourir sur le terrain pour y arriver. Aujourd’hui, on a envie de montrer au peuple français et à nous-mêmes qu’on est fier de représenter la France. On a envie de rendre fier tous les gens qui nous aiment et qui nous supportent.
L’Ukraine sera privée de Fedetskiy, mais aussi de Kucher que vous aviez sur le dos vendredi soir. Cela change-t-il quelque chose ?
Ils remplaceront un soldat par un autre soldat. Ça sera kif-kif. Après, c’est vrai que ce numéro 5 m’avait pas mal agacé tout le match… De toute façon, ils vont nous rentrer dedans. A nous de nous concentrer et d’en faire plus que ce qu’on a fait là-bas. J’ai encore beaucoup de rage en moi qui, j’espère, se transformera en énergie positive pour leur rentrer dedans. Sans oublier de jouer.
«A nous aussi de ne pas nous priver quelques fois, si on le peut, de mettre un peu de vice.» Vous attendiez-vous à un tel combat lors du match aller ?
Oui, on le savait, on était prévenu. Au début, on était bien rentré, mais au fil du match, ils ont continué, on s’est énervé et on n’a pas su répondre dans la continuité à leur engagement physique. J’espère qu’on le fera mardi.
Comment défendre des valeurs de combat sans pour autant tomber dans la nervosité ?
Il faudra trouver le juste milieu, se montrer lucide pour continuer à jouer notre jeu. Ce ne sera pas facile parce qu’il y aura beaucoup de tension, beaucoup de stress. C’est le match de l’année… A l’aller, c’était dur parce que non seulement ils ont mis beaucoup d’agressivité, mais il y avait aussi un brin de méchanceté. A nous aussi de ne pas nous priver quelques fois, si on le peut, de mettre un peu de vice. Ça fait partie du jeu. Mais il ne faudra pas non plus se tromper d’objectif.
«J'ai envie de me racheter»
On vous sent vexé. Pensez-vous que ce soit aussi le cas de tous vos équipiers ?
Je ne suis pas dans leur tête. En tout cas, il y a des personnes importantes qui croient en l’équipe de France qui ont pris la parole, qui ont trouvé les mots justes pour toucher notre sensibilité. Pour ma part, oui, je suis vexé. J’ai envie de me racheter. Comme tous mes équipiers, j’imagine…
Ces personnes qui vous ont parlé, quelles sont-elles ?
Le coach et Noël Le Graët. Ils ont eu un discours très complémentaire qui, je l’espère, nous a touché au plus profond de nous. Entre nous ? Oui on se parle aussi. Mais à un moment, il faut aussi arrêter de parler. On est assez grand et intelligent pour savoir ce qu’on a à faire. Il est temps d’agir. J’ai limite envie que le match soit dans 1h30. Ça me démange.
«On a envie de faire mieux, de marquer l'histoire. C'est une question de fierté.» Quelles sont les conditions à réunir pour réaliser l’exploit ?
Jouer notre jeu, mais en y mettant plus de volonté. Le foot, ça se joue à 80% dans la tête. Ça sera encore plus vrai mardi soir.
Quelles sont les raisons d’être optimiste ?
La fierté du maillot, le fait de savoir qu’il y a 64 millions de Français qui sont derrière nous, nos familles, nos proches. On a envie de faire mieux, de marquer l’histoire. C’est une question de fierté. On va le faire, j’y crois dur comme fer».