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Goodyear Amiens-Nord: les deux cadres libérés, l'usine occupée

Goodyear Amiens-Nord: les deux cadres libérés, l'usine occupée

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La CGT et les salariés de Goodyear à Amiens-Nord ont libéré au bout de près de 30 heures deux cadres de l'usine de pneumatiques, promise à la fermeture, mais ont annoncé l'occupation du site, pour maintenir la pression et négocier au mieux les primes de départ.
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La CGT et les salariés de Goodyear à Amiens-Nord ont libéré au bout de près de 30 heures deux cadres de l'usine de pneumatiques, promise à la fermeture, mais ont annoncé l'occupation du site, pour maintenir la pression et négocier au mieux les primes de départ. Denis Charlet AFP

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Goodyear Amiens-Nord: fin de la séquestration... par 20Minutes

Mis à jour le 07.01.14 à 19h40

La CGT et les salariés de Goodyear à Amiens-Nord ont libéré au bout de près de 30 heures deux cadres de l'usine de pneumatiques, promise à la fermeture, mais ont annoncé l'occupation du site, pour maintenir la pression et négocier au mieux les primes de départ.

Le directeur de production de l'usine, Michel Dheilly, et le directeur des ressources humaines (DRH), Bernard Glesser, qui étaient séquestrés depuis 10H30 lundi dans une salle de réunion, sont ressortis mardi vers 15H30, encadrés par la police.

Les deux hommes ont été accompagnés par les huées des ouvriers, dans une cohue indescriptible, aux cris de «Les voyous, c'est pas nous», scandés par les salariés.

«Le choix c'était (soit) se +friter+ avec les CRS, avec risque de prison pour chacun d'entre nous», soit les libérer, a déclaré le leader de la CGT Mickaël Wamen, alors qu'il sortait avec les deux cadres.

Tout de suite après, M. Wamen a annoncé l'occupation de l'usine comme nouveau moyen de pression sur la direction.

«On va négocier l'usine contre notre prime» de départ, a-t-il lancé, lors d'un point-presse improvisé.

«S'ils veulent récupérer les pneus, cela passe par une négociation», a renchéri Mickaël Mallet, délégué CGT.

«C'est un moyen de pression, on ne va pas détruire l'usine, on n'est pas des voyous», a-t-il ajouté.

La CGT, ultra-majoritaire à Amiens-Nord, a sans succès multiplié ces derniers mois les procédures judiciaires pour faire annuler la fermeture de l'usine et les 1.173 suppressions de postes qu'elle risque d'entraîner.

Les salariés ont séquestré les deux dirigeants, espérant renégocier le plan de sauvegarde de l'emploi (PSE) de la direction, avec l'application d'une version «améliorée» d'un plan de départs volontaires (PDV) abandonné en 2012.

«Notre but n'était pas de les garder une semaine, mais d'avoir un accord avec la préfecture, l'Etat et la direction de Goodyear pour qu'il y ait une réunion», selon Mickaël Mallet.

La direction de GDTF (Goodyear-Dunlop Tires France) avait averti dans la matinée qu'elle ne participerait «à aucune réunion avec les représentants des salariés tant que deux de ses dirigeants seront séquestrés».

«Tant que les cadres ne seront pas libérés, il n'y aura pas de réunion? Et bien nous on dit que tant qu'il n'y aura pas de réunion, ils ne seront pas libérés», avait alors réagi Mickaël Wamen, leader de la CGT, syndicat ultra-majoritaire à Amiens-Nord.

Un huissier avait été désigné mardi sur ordonnance du tribunal de grande instance d'Amiens, saisi par Goodyear, pour s'assurer de la «sécurité et de la libre circulation des biens et des personnes».

S'il se trouvait dans l'impossibilité de remplir sa mission, cet huissier pouvait solliciter le concours de la force publique.

 

Négocier les indemnités de départ

 

La CGT souhaite renégocier le plan de sauvegarde de l'emploi (PSE) de la direction, avec l'application d'une version «améliorée» d'un plan de départs volontaires (PDV) abandonné en 2012, des primes de licenciement «qui soient au minimum sur les bases du PDV» et des congés de reclassement allongés.

Début novembre, la direction de Goodyear avait clos la procédure d'information des représentants du personnel de l'usine en vue de sa fermeture, annoncée le 31 janvier 2013.

La CGT a multiplié ces derniers mois les procédures judiciaires pour faire annuler la fermeture de l'usine et les 1.173 suppressions de postes qu'elle risque d'entraîner, sans succès.

Les salariés craignent désormais de recevoir leurs lettres de licenciement.

Le PDG de Titan International, Maurice Taylor, s'est indigné de la séquestration des deux cadres, un acte qu'il a qualifié de «kidnapping». Le 1er novembre, le turbulent patron du fabricant américain de pneus agricoles s'était dit prêt à reprendre l'usine d'Amiens-Nord «avec zéro employé», pour redémarrer sur de nouvelles bases.

«Nous condamnons fermement ces comportements», a réagi pour sa part le ministre du Redressement productif Arnaud Montebourg, lors d'une question au gouvernement posée à l'Assemblée nationale, peu avant la libération des deux cadres.

«Je rappelle qu'en septembre 2012 il y a une proposition de plan de départs volontaires avec des indemnités généreuses et la reprise par Titan de 530 salariés. La CGT à l'époque avait refusé et aujourd'hui nous sommes dans l'impasse. Cette offre est toujours sur la table», a-t-il affirmé.

La CGT souhaite «tout renégocier», a averti Mickaël Mallet, évoquant notamment les primes extra-légales.

Selon lui, la direction proposerait 20.000 à 40.000 euros par salarié, là où la CGT réclame 80.000 à 180.000 euros.

 

 

© 2014 AFP
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