Avions à moitié remplis. Les hôtesses et stewards n'étant pas obligés de prévenir de leur absence, Air France a décidé de limiter temporairement tous ses vols moyen-courriers à 100 passagers à Orly, afin de limiter l'impact de la grève. Ce mode de gestion, qui respecte la règle de «1 PNC (personnel navigant commercial) pour 50 passagers», a été choisi «afin d'éviter de devoir débarquer des passagers» faute d'un nombre suffisant d'hôtesses et de stewards, assure le directeur d'Air France à Orly. Ainsi, «les passagers qui n'ont pas pu embarquer sont reportés sur les vols suivants» et «la très grande majorité des passagers est transportée».
Retards. A Orly comme à Roissy-Charles-de-Gaulle, les retards s'accumulent. La compagnie a prévu d'assurer 80% de ses vols mais n'exclut pas des annulations de dernière minute. Selon un point de la direction d'Air France en milieu d'après-midi, 200 vols environ sur les 1 000 prévus ont effectivement été annulés. Ceux à destination de New-York et de Miami sont quasiment tous restés cloués au sol.
A Roissy, les passagers prennent leur mal en patience
Légères perturbations en province. A l'aéroport de Nice Côte d'Azur (troisième aéroport de France, après les deux aéroports parisiens), la direction a annoncé de légers retards de 10 à 20 minutes sur des vols à destination de Paris. Trois vols Air France ont été annulés au départ de Nice vers Paris. «Très peu de perturbations» ont été enregistrées à l'aéroport de Marseille Provence, seuls cinq vols étaient annulés à destination d'Orly et Roissy.
A Toulouse-Blagnac, trois vols sur quinze ont été annulés. Quelques retards supérieurs à la demi-heure ont également été enregistrés. Sur l'ensemble de la journée, Air France a prévu d'annuler 14 vols.
Vidéo. Grève à Air France : perturbations en perspectives pour la Toussaint
Echec des négociations. Opposés à des réductions d'équipage sur certains vols, six syndicats d'hôtesses et stewards - dont deux représentatifs l'Unsa (22%) et FO-SNPNC (21%) - appellent à la grève du samedi 30 octobre au mercredi 2 novembre inclus. Le premier syndicat de PNC, l'Unac (CFE-CGC) avec 26% des voix aux dernières élections, a de son côté levé son préavis. Quatre autres syndicats non représentatifs - CGT (10%), CFTC (8%), SUD (6%) et CFDT (4%) appellent également à la grève. «Les négociations n'ont pas abouti, nous sommes arrivés à un point de rupture avec la direction», explique Didier Foussat, secrétaire général du SNPNC-FO.
Mauvais timing pour Air France. De son côté, le nouveau patron d'Air France, Jean-Cyril Spinetta a fait appel au «sens des responsabilités» des hôtesses et stewards «pour ne pas décevoir» les clients «par une grève inutile». Le conflit survient alors qu'Air France a replongé dans le rouge avec une perte de 200 millions d'euros, et tente de trouver des sources d'économies pour améliorer sa compétitivité.

