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Pour les petits patrons, c'est l'histoire de la goutte d'eau qui fait déborder le vase. Ou plutôt, de deux gouttes d'eau : la réforme de la fiscalité des plus-values lors de la revente d'actions et l'augmentation des cotisations des auto-entrepreneurs. Ces deux mesures inscrites dans le projet de loi de Finances pour 2013 suscitent depuis peu sur Internet et les réseaux sociaux, une levée de boucliers des chefs d'entreprises, patrons de PME, de start-up et auto-entrepreneurs. Et le mouvement prend de l'ampleur.
Fédérés sous une bannière où, comme sur leur compte Facebook, ils se proclament sans équivoque «Les Pigeons -mouvement de défense des entrepreneurs français» (photo), ses militants dénoncent sur le toile la politique du gouvernement vis-à-vis des entreprises. A l'instar de Marc Simoncini, le fondateur de Meetic, qui déclare dans « Les Echos » que la France est devenue un « pays anti-entrepreneurs », ils annoncent la «mort de l'économie et de la croissance de notre pays». En quatre jours, les groupes ont récolté plus de 21.000 « j'aime çà» sur Facebook et ils comptent 3.400 followers sur Twitter.
S'agissant du régime prévu pour la taxation des plus-values, Bercy reconnaît qu'il s'agit d'une des plus fortes hausses d'impôts prévues l'an prochain (elle rapporterait 1 milliard d'euros). C'est aussi l'une des plus concentrées : elle frappera de plein fouet les ménages au très haut de l'échelle, ces 1.000 foyers dont 80 % des revenus sont justement composés de plus-values mobilières. Plus largement, Bercy estime à environ 75.000 le nombre de perdants : pour eux, la hausse d'impôt s'élèvera à un peu plus de 14.000 euros en moyenne.
Quant à la mesure qui touche les auto-entrepreneurs, Sylvia Pinel la ministre de l'Artisant, du Commerce et du Tourisme, a beau affirmer que le gouvernement n'a pas l'intention de casser leur régime, ces derniers ne décolèrent pas depuis l'annonce d'une hausse de 2 à 3 points de leur cotisations en 2013; une mesure qui devrait, en alignant leurs prélèvements sur ceux des indépendants (artisans, commerçants...), rapporter 130 millions d'euros dans les caisses de l'Etat. La fédération des auto-entrepreneurs (Fedae) parle même ouvertement, à propos du Budget 2013, de « casse du régime ». Selon Grégoire Leclercq et Cyrille Darrigade, respectivement président et vice-président de cette fédération : « Le régime sera tué car le mode de calcul des cotisations sociales sera forfaitaire et remet en cause le pilier fondateur du régime qui prévoyait une exonération de charges en l'absence de chiffres d'affaires. La réforme n'améliora pas la protection sociale des bénéficiaires du régime dans la mesure où cette protection était déjà identique à celle des autres travailleurs indépendants. »
Ces patrons ont appelé à une manifestation, le dimanche 7 octobre devant l'Assemblée Nationale, à 15 heures.