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Une vingtaine de chefs d'État et de gouvernement "ayant le français en partage" se réunissent à partir de samedi à l’occasion du 14e sommet de la Francophonie à Kinshasa. Ils doivent se pencher, à huis clos, sur deux crises africaines : le conflit dans l'est de la RDC et l'occupation du Nord-Mali.
La politique africaine du nouveau gouvernement français constitue l’un des axes essentiels de cette 14e édition. À Dakar, vendredi, François Hollande avait recommandé de "tout se dire", "sans ingérence mais avec exigence". Samedi, le président français s’est entretenu avec son homologue congolais Joseph Kabila, hôte du sommet et dont le régime est sous le feu des critiques pour ses violations des droits de l'Homme, avant de prononcer un discours devant la tribune des chefs d’État présents à Kinshasa.
François Hollande a fait de la démocratie et des droits de l'Homme l'une des "priorités" de la francophonie. Il a ensuite proposé d'accueillir un premier forum des femmes francophones en France pour assurer la promotion de ces valeurs.
Avant de regagner son siège à la tribune, aux côtés de Joseph Kabila, le chef de l'État français a souligné que "la belle ambition de la francophonie" devait être de "mettre une langue, le français, au service du monde et de la liberté".
Dans l'après-midi, François Hollande devait aussi rencontrer l'opposant historique Étienne Tshisekedi, 79 ans, qui, depuis le scrutin contesté de 2011, se présente comme le véritable "président élu" de la RDC.
Hollande condamne les "agressions extérieures" dans l'est de la RDC
François Hollande a énuméré trois autres priorités pour la francophonie : "multiplier les échanges" entre étudiants, chercheurs, artistes et créateurs au sein de l'espace francophone, œuvrer en faveur de l'environnement et "contribuer au règlement des crises".
Il a ainsi évoqué le Mali, dont le nord est contrôlé depuis six mois par des groupes islamistes extrémistes armés, et le Nord-Kivu, à la frontière orientale de la République démocratique du Congo (RDC), où l'armée s'oppose à des rebelles qui ont le soutien, selon l'Onu, du Rwanda voisin.
Condamnant les "agressions extérieures" dans l'est du pays, il a souligné que les frontières de la RDC étaient "intangibles", avant de se déclarer "favorable" à un élargissement du mandat de la mission de l'ONU en RDC (Monusco) si "nécessaire".
Diouf réclame que l’Afrique ait la place qui lui revient
Autre temps fort samedi, le secrétaire général de la Francophonie, Abdou Diouf, a vivement dénoncé un "déficit de démocratie dans les relations internationales" qui prive l'Afrique de la place "qui lui revient", notamment au Conseil de sécurité de l'ONU.
"En entérinant le pouvoir autoproclamé de quelques-uns, parmi les plus puissants, de décider, sans réelle concertation, de l'avenir de tous, singulièrement des plus démunis, c'est encore la stabilité et la sécurité du monde que nous mettons en danger", a-t-il dit.
L'ancien président sénégalais, âgé de 77 ans, a globalement mis en cause une politique du "deux poids, deux mesures, deux poids, deux discours" qui permet de dénoncer "chez certains les manquements que l'on s'abstient de dénoncer chez d'autres au nom d'intérêts commerciaux ou stratégiques". Son discours très politique a été salué par des applaudissements nourris.
A l'attention de son hôte, le président Joseph Kabila, et du peuple congolais, il a simplement souhaité qu'ils puissent "poser sincèrement les problèmes, et esquisser des amorces de solutions".
(FRANCE 24 avec dépêches)