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Hollande à Washington : ici, il est célèbre depuis l'affaire Gayet

Hollande à Washington : ici, il est célèbre
depuis l'affaire Gayet

De notre correspondante à New York (Etats-Unis), Géraldine Woessner | Publié le 10.02.2014, 06h49

(DR.)

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«C'est l'événement le plus couru de la saison », se délecte la presse people, à la veille du dîner d'Etat qui sera offert demain en l'honneur du français sur la pelouse sud de la Maison-Blanche. Trois semaines après la rupture retentissante de et de Valérie Trierweiler, l'événement continue de passionner outre-Atlantique. « C'est étonnant, s'amuse Peter Baker, correspondant à la Maison-Blanche pour le New York Times. Il y a quelques semaines, personne ne savait qui était François Hollande. Le public américain ne le connaît que par l'affaire... »

Qui sera assis à la droite d'Obama ? Faut-il prévoir une danse, si Hollande n'a pas de partenaire ? Les employés du protocole de la Maison-Blanche en ont des migraines. « On ne me parle que de ça », confie un diplomate new-yorkais.

QUESTION DU JOUR. Un président célibataire pour représenter la France, est-ce gênant ? 

Mr Pudding

Les projecteurs sont braqués sur un président resté, jusqu'à présent, une figure floue pour les Américains. « Jacques Chirac comme Nicolas Sarkozy avaient provoqué des sentiments forts, relève Peter Baker. De rejet comme de soutien. Hollande n'a pas construit d'image particulière. »

Près de deux ans après son élection, les éditorialistes continuent de s'interroger sur la personnalité de ce Mr Pudding qui, entre deux balades à scooter, a envoyé ses troupes combattre (avec succès) le terrorisme au Mali, avant de les engager en Centrafrique. Sa fermeté sur les dossiers syrien et iranien « lui a fait gagner un nouveau crédit auprès des faucons de Washington et de la communauté juive, souligne le président du Hudson Institute, Kenneth R. Weinstein. La politique de sécurité de la est appréciée parmi les élites qui rejettent la realpolitik d'Obama et son absence de réaction face à la crise humanitaire en Syrie ». Mais ce message, regrette-t-il, « risque d'être occulté par les affaires de coeur de M. Hollande. On va malheureusement parler d'abord de sa vie privée, et de ses résultats économiques qui sont catastrophiques. »

Dans le portrait que lui consacre le « Time » à la veille de sa visite, les faits désagréables sont égrenés : effondrement des investissements étrangers (- 77 % l'an dernier), nombre record de 3,3 millions de chômeurs et des dépenses publiques engloutissant 57 % du PIB (contre 41,6 % aux Etats-Unis). Selon une étude de la chambre de commerce américaine en France, seules 13 % des entreprises américaines y ayant investi en ont une image positive. « La taxe à 75 % sur les plus hauts revenus a marqué l'opinion, comme l'affaire Goodyear quand les syndicats ont retenu en otage les dirigeants, décrypte Frédéric Lefeuvre, chef économiste chez Natixis à New York. La France est perçue comme le nouveau malade de l'Europe. » Le tournant libéral opéré par le président est passé inaperçu aux Etats-Unis.

« Mais François Hollande n'est pas le seul à être au plus bas dans les sondages, Barack Obama l'est aussi », relève perfidement le président du « Harper's Magazine », John R. Mac Arthur. « Et l'obamania est telle dans votre pays que le bilan de son voyage sera forcément positif. »

Le Parisien

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