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Suivi quotidien, flash d'actualités touchant l'économie,culture,environnement, société, politique,poésie, l'international.

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HOLLANDE :

HOLLANDE : "Je suis Président
au pire moment"

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La vidéo depuis l'Elysée.

L'acte II de la présidence de François Hollande commence ce jeudi avec sa deuxième conférence de presse semestrielle, alors que la France est officiellement entrée en récession mercredi.

Suivez tout au long de la conférence les interventions du Président en vidéo et en tweets, et retrouvez au fur et à mesure les points forts de l'intervention en cliquant ici pour rafraîchir la page (les plus récents en bas de page).

A lire aussi notre analyse «Une action présidentielle empêtrée dans le présent»

16h10. François Hollande arrive. Et débute son discours : «Je vous avais donné rendez-vous tous les six mois, je suis donc à l’heure pour la deuxième rencontre pour revenir sur ce que nous avons fait depuis un an.»

«Hier à Bruxelles, l’intervention de la France au Mali y a été saluée. Il en revient à nos soldats, je veux leur rendre hommage. Ils ont fait bien plus que libérer un pays, ils ont fait aimer la France dans toute l’Afrique et illustrer le rôle de la France, une grande nation.»

«Je veux saluer l’effort du gouvernement et de tous les Français pour réduire le déficit public. Depuis un an les lignes ont bougé en Europe. La zone euro a été stabilisée, l'union bancaire a été définie. La Grèce a été sauvée comme d’autres pays. Les taux d’intérêt ont baissé, le nôtre est à son plus bas taux historique.»

«Ce résultat que je revendique n’a été possible que parce que la France a su jouer le rôle de trait d’union entre Europe du nord et du sud, et grâce à l’indispensable couple franco-allemand. Les causes de la crise financière ont été régulées et jugulées. C’est aujourd’hui la récession qui frappe l’Europe. La Commission européenne a commencé à comprendre les risques et menaces de la récession.»

«L’enjeu c’est la croissance, la sortie de la crise, de la récession. Avec plus d’un 1,2 million de demandeurs d’emploi de plus, je sais que cette situation engendre des difficultés pour de nombreux compatriotes. Je sais ce que beaucoup éprouvent comme inquiétudes, au point de douter d’eux-mêmes et de leurs gouvernement.»

«Jean-Marc Ayrault a engagé une réforme essentielle : le sérieux budgétaire. En 2013 la dépense publique sera stable, en 2014 elle reculera. Ce sérieux budgétaire est indispensable.»

«L’an II, ce doit être l’offensive»

 

«Ma responsabilité : sortir l’Europe de sa langueur, réduire la désaffection des peuples qui compromet son avenir. L’intiative que je prends se décline en quatre points :

1/ Instaurer un gouvernement économique de la zone euro avec un président affecté à cette seule tâche.
2/ Une intiative tournée vers les générations futures avec un plan pour l’insertion des jeunes. Mobilisons tout de suite, avant que le cadre financier soit établi.
3/ Une communauté europénne de l’énergie destinée à coordonner tous les efforts pour le renouvelable.
4/ La possiblité de lever l’emprunt»

«Il n’y a pas d’espérance possible tant que le chômage n’entamera pas sa décrue» 

 

«L’offensive ici en France est de mobiliser toutes les forces pour l’emploi. C’est pourquoi je me suis engagé, et je m’y tiens, à l’inversion de la courbe du chômage. Tout doit être mis en œuvre pour faire reculer le chômage.»

Un plan d’investissement autour de quatre grands chantiers : numérique, transition énergétique, santé et transports.

«Tout ne peut pas venir de l’Etat pour financer ces investissements d’avenir, il faut des partenariats privés, de l’étranger. Quand je me déplace, les pays me disent qu’ils sont prêts à investir en France. Quand nous aurons lancé ces programmes déjà en cours, il n’y aura pas de la croissance tout de suite, mais il y aura un effet. Il faudra être patient, mais on prépare la France de demain, c'est un moyen de donner confiance au pays.»

«L’assurance vie sera réformée pour que les fonds puissent être affectés aux fonds propres des entreprises. Un fonds d’épargne PME sera créé, l’imposition des plus-values immobilières sera renforcée.»

«Être à l’offensive, c’est mieux former les jeunes. A la rentrée 2013, les élèves auront plus de professeurs en face d’eux que l’année précédente. La formation des maîtres sera renforcée. D’ici la fin du quinquennat, la proportion d’élèves qui sortent sans qualification sera réduite de moitié. Quand on essaye d’être un pays attractif, on fait en sorte que notre pays soit classé parmi les meilleurs du monde.»

«Dans de nombreux domaines, le silence de l’administration vaudra désormais autorisation et non plus rejet. Ce sera un changement radical. Ce mouvement de simplification pour les entreprises, pour les particuliers, se poursuivra tout au long du quinquennat, c’est une réforme structurelle.

«L’autre grande réforme, c’est la formation professionnelle. Un chômeur sur cinq reçoit une formation professionnelle. Nous allons changer ça. Dans les deux-trois premiers mois de chômage, nous ferons en sorte qu’une formation professionnelle soit proposée aux demandeurs d’emplois. Cette réforme sera discutée avec les partenaires sociaux, les régions et Pôle Emploi.»

Retraites : «Le déficit prévu est insoutenable»

 

«La réforme de 2010 n’a pas permis de rétablir l’équilibre. Nous devons poursuivre avec d’autres règles qui devront être trouvées, selon trois principes :
1/ Rétablir durablement les régimes de répartition, en tenant compte de notre démographie (qui est un atout par rapport à d’autres). Des lors que l’espérance de vie augmente, on devra travailler aussi un peu plus longtemps.
2/ La justice : tenir compte des carrières longues, des inégalités entre régimes, des inégalités qui touchent les femmes qui ont des carrières incomplètes.
3/ Le dialogue : la concertation s’ouvrira avec la conférence sociale dès juin.»

«Des questions légitimes se posent : La France peut-elle réussir? Sommes-nous encore une grande nation économique? Politique? Pouvons-nous préserver notre modèle social? A toutes ces questions je réponds OU,I la France a les moyens de se hisser au meilleur niveau. En musclant notre économie, développant la richesse de développement, en changeant nos modes de production, de consommation, en rendant le système plus juste, en évitant le statu quo, mais en refusant la démolition.»

«La France fait confiance en sa jeunesse, c’est un atout considérable. Il faut donner à cette jeunesse toute sa place, y compris à la jeunesse issue des quartiers défavorisés.»

Mariage pour tous «Dès que le Conseil constitutionnel aura fait connaître sa décision, je promulguerai le texte»

 

«Sur la loi sur le mariage pour les couples de même sexe, j’ai voulu un grand débat. Certains me conseillaient d’aller vite. Ce débat a eu lieu, longtemps ; il y a une 4000 amendements. Le débat a aussi eu lieu ailleurs qu’au Parlement. Ce débat était légitime. On m’a dit "c’est un débat qui divise" mais en France, on ne pense pas tous pareil. La France est capable d’assumer des grands sujets de société.  Je suis convaincu que cette loi sera gardée au fil du temps. Quand il y a aura l’alternance - je ne sais pas quand -, on verra bien qui demandera l’abrogation de ce texte...»

«J’irai jusqu’au bout de la transparence de la vie politique. Parce que l’autorité de la République est à ce prix, c’est le rempart à toutes les dérives, toutes les intolérances, tous les racismes. Ce qui s’est passé lundi soir au Trocadéro est une agression à l’égard des biens, des personnes, mais aussi à notre conception de notre vie en commun, à l’image de la France.»

«La France est une nation singulière, c’est plus qu’une grande histoire, c’est un projet : celui d’une société capable de se dépasser, qui cultive l’ambition de montrer la voie en Europe et dans le monde. La France n’est pas le problème, la France c’est la solution. C’est pourquoi nous devons être à l’offensive et nous le serons pour l’an II.»

 

Réponses aux questions des journalistes :

 

Sur la social-démocratie :

«Je suis pour la compétitivité, je ne suis pas pour la dépense, et lorsqu’il y a des impôts, je prends ma part, mais pas plus. Personne n’imagine que la gauche, par sadisme, vienne demander davantage aux Français. Je ne revendique d’aller chercher chez les Français ce qu’ils ont gagné par le biais des impôts. Qui je suis ? Je suis socialiste. Est-ce que ça serait mieux d’être social-démocrate ? J’ai dirigé le Parti socialiste pendant des années, je ne l’ai pas renommé Parti social-démocrate. Je suis un socialiste qui veut faire réussir la France.»

Sur un éventuel remaniement :

«D’abord, je tiens à renouveler ma confiance au Premier ministre. Jean-Marc Ayrault qui est un Premier ministre loyal, courageux. Enfin, parce que c’est un Premier ministre désintéressé, il cherche simplement à faire réussir l’action que je conduis.»

«Ce qui m’importe, au-delà des personnes, au-delà du nombre, c’est la ligne. Il ne doit y avoir qu’une seule ligne au sein du gouvernement. Tous les ministres sont liés les uns aux autres par un pacte : faire réussir l’action que j’ai décidée. Y a aura t il un remaniement un jour ? C’est possible, mais ce n’est pas aujourd’hui. Ce n’est pas d’actualité.»

 Sur la croissance : 

«Quand je suis arrivé, la perspective de croissance établie était de 1,2 et même 1,5%. Je l’ai corrigée en annonçant en septembre 0,8%. Finalement, nous aurons sûrement une croissance nulle en 2013. Ce qui compte c’est : Est ce qu’on aura une reprise en 2013 ? Cela dépendra de ce qui est engagé par nos politiques. Je dois agir au plan européen et national. En 2014, on annonce une croissance de 1,2%, je veux y croire mais je préfère me concentrer sur mes objectifs. Les Français ont besoin de sentir que ça y est, ça peut repartir. La lutte contre le chômage participe de ce soutien au pouvoir d’achat.»

«Pour améliorer ce pouvoir d’achat, on va voter une disposition qui va libérer les fonds de la participation. Plusieurs milliers de salariés vont pouvoir bénéficier du fonds lié à cette participation sans contraintes fiscales.»

Sur la réforme constitutionnelle :

«Si ça ne tenait qu’à moi, cette réforme serait déjà mise en œuvre. Sur le statut pénal du chef de l’Etat, je suis pour. Je suis pour le CSM et l’indépendance de la justice, favorable à ce que les ex-présidents ne soient plus membres du Conseil constitutionnel, ainsi qu’au non-cumul d’une fonction exécutive locale et d’un poste ministériel. Il se trouve que l’opposition est contre toute réforme constitutionnelle. Or, il me faut une majorité des trois cinquièmes. Le texte sur l’indépendance de la justice sera présenté prochainement au Parlement et je souhaite qu’il soit présenté à Versailles au Congrès. Si on peut y ajouter d’autres textes, j’y suis favorable.»

«Sur le droit de vote des étrangers ? Je n’ai pas soumis ce texte car je sais d’avance que l’opposition n’en veut pas. Ce texte ne sera pas présenté jusqu’aux élections municipales, comme ça il n’y aura pas d’enjeu, et ensuite je le présenterai au Parlement.»

Sur la fusion impôt sur le revenu-CSG :

«Nous avons renforcé la progressivité de l'impôt sur le revenu en supprimant des niches fiscales. Ensuite, il y aura des mesures pour rapprocher les assiettes. Cette question de la CSG sera soumise au débat sur la prochaine loi de finance.»

Sur son impopularité :

«On ne cherche pas à être impopulaire, ce n’est pas un objectif que je m’étais fixé... Mais on ne décrète pas non plus sa popularité. Ce que j’ai voulu au cours de cette première année, ce n’est pas d’être populaire mais de prendre les décisions qui me paraissaient conforme aux intérêts de la France. La question, c’est plutôt : qu’est ce que j’aurais pu faire que je n’aurais pas fait ? Il se trouve que je suis Président au pire moment. Je savais que c’était la crise, je savais que j’aurais des décisions difficiles à prendre. Je l’assume.»

«Je ne demande pas à être jugé sur des sondages, même si je les respecte. Mais je demande à être jugé le jour venu au terme des cinq ans sur ce que j’aurai fait pour la France. J’ai pris des décisions, je les assume devant les Français, j’en connais l’impopularité. Tant que le chômage progressera, ma courbe d’impopularité ne s’inversera pas.»

Sur le rapport avec les Français : 

«Je ne pense pas que les Français se résument aux journalistes. Sur ce point, je n’ai pas perdu le contact. Je me déplace le plus possible dans la rue. Pour aller à Bruxelles j’ai pris le train, je suis pour le service public du transport ferroviaire. Dans le train je rencontre du monde. Vous me parlez de Dijon : qu’une personne m’interpelle, cela fait partie de la démocratie, j’ai même fait supprimer le délit d’offense à l’égard du Président. Si je me déplace c’est pour entendre, pas pour être protégé. J’irai partout, ces manifestations font partie de la vie, j’ai besoin de ce contact.»

 

 

A lire aussi Un an de Hollande : le grand inventaire des 60 promesses

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