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Créé 22-09-2012 22:12 lien

Le président français François Hollande et la chancelière allemande Angela Merkel, à Ludwigsburg, le 22 septembre 2012, pour les célébrations du 50e anniversaire de l'amitié franco-allemande Photo : Carsten Koall/AFP
Pour ce qui est de l'amitié franco-allemande, Angela Merkel et François Hollande ont affiché une parfaite cohésion, le 22 septembre à Ludwigsburg, là où il y a cinquante ans, le Général de Gaulle s'était adressé à la jeunesse allemande dans sa langue.
"Vive la jeunesse franco-allemande, vive la jeunesse européenne" a lancé la chancelière en français. "Votre rôle est de donner réalité au rêve européen et de lui donner un avenir. Vive l'amitié franco-allemande", a fait écho Hollande en allemand.
Pour ce qui est des dossiers épineux à l'ordre du jour, la supervision bancaire dans l'Union européenne et le projet de fusion entre les groupes EADS et BAE, leur communion est apparue moins évidente...
Contrôle bancaire : Paris veut aller vite, Berlin n'y tient pas
Lors de la conférence de presse qu'ils ont tenue après leur déjeuner de travail, le président français a estimé que le "plus tôt sera le mieux" pour mettre en place un mécanisme de contrôle des banques. Du tac au tac, la chancelière a répliqué que cela prendra "le temps qu'il faudra".
"Cela ne sert à rien de faire quelque chose très vite qui ne fonctionne pas" a justifié Mme Merkel, expliquant qu'"il faut être sérieux, il faut de la qualité et ensuite on verra le temps que cela prendra".
L'un veut contrôler toutes les banques, l'autre moins
"Nous allons demander à nos ministres des Finances de travailler aussi vite que possible", a-t-elle ajouté, la réunion du jour n'ayant manifestement pas permis d'harmoniser les positions du couple sur le fond. Or, "le moteur de l'Europe" doit impérativement s'entendre pour sauver sa monnaie.
Il s'agit de savoir "comment faire pour prendre en compte le plus d'établissements possibles" a dit M. Hollande. En phase avec la Commission de Bruxelles, Paris voudrait que les 6.000 banques de la zone euro soient supervisées par la Banque centrale européenne, tandis que Berlin plaide pour limiter cette tâche aux principaux établissements.
EADS-BAE : rien de décidé
Sur l'éventuelle fusion des groupes aéronautiques et miliaires européens EADS et britannique BAE, à en juger par la façon évasive dont ils l'ont évoquée, les positions semblent encore plus difficiles à concilier.
"Nous n'avons pas pris de décision, nous savons que nous devons donner dans un avenir proche une réponse aux entreprises. Les discussions étaient bonnes et amicales. Mais les détails ne doivent pas être débattus en public, notamment compte tenu des emplois", a dit la chancelière.
"Nous, la France et l'Allemagne, sommes décidés à agir en concertation étroite parce que nous considérons que c'est un enjeu qui concerne l'Europe mais aussi nos deux pays, compte tenu de la composition du capital de cette entreprise", a déclaré M. Hollande.
De gros enjeux, une brève échéance
Sur les conditions d'un rapprochement EADS-BAE qui donnerait naissance à un numéro un mondial, il a ajouté : "les conditions, vous les imaginez, c'est l'emploi, la stratégie industrielle, les activités de défense, les intérêts de nos Etats respectifs. C'est là-dessus que nous sommes en discussion avec l'entreprise".
L'un et l'autre ont assuré qu'ils trancheraient la question dans les délais impartis, sachant que selon la réglementation boursière britannique, les deux groupes industriels ont jusqu'au 10 octobre pour conclure, renoncer ou demander un prolongement des négociations, ce que les deux parties n'envisagent pas pour l'heure.