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Le Point.fr - Publié le <time datetime="2013-06-13T19:09" itemprop="datePublished" pubdate=""> 13/06/2013 à 19:09</time> - Modifié le <time datetime="2013-06-13T19:17" itemprop="dateModified"> 13/06/2013 à 19:17</time>
En conseil des ministres, mercredi, François Hollande a donné le la en affirmant devant ses ministres que la défense de l'exception culturelle devait devenir un marqueur de premier plan de sa politique. Le chef de l'État a alors donné mandat à Jean-Marc Ayrault d'annoncer que la France mettrait son veto si la Commission de Bruxelles s'obstinait à maintenir la culture et l'audiovisuel dans le projet d'accord de libre-échange entre l'Europe et les États-Unis.
Hollande a orchestré la communication de cette position en demandant à Ayrault de porter sa voix au Parlement lors des questions au gouvernement. Le Premier ministre a alors téléphoné à Bruno Le Roux, le président du groupe PS à l'Assemblée, afin qu'une question soit posée par un député socialiste l'après-midi même. Rien n'était prévu à ce stade. Le Roux a donc demandé à Patrick Bloche, le président de la commission des Affaires culturelles, d'en rédiger une.
Jean-Marc Ayrault a donc pu faire donner les grandes orgues : "La France s'opposera à l'ouverture des négociations si la culture, si les industries culturelles ne sont pas protégées et n'en sont pas exclues. La France ira jusqu'à utiliser son droit de veto politique. C'est notre identité, c'est notre combat. Nous ne sommes pas seuls, mais nous sommes en tête pour le mener avec l'appui de la représentation nationale."
Le chef de l'État n'est pas dupe du petit jeu de certains au sein de la Commission de Bruxelles, et notamment de son président, José Manuel Barroso, dont le mandat arrive à échéance en mai 2014. "Il cherche à rebondir au sein d'une organisation internationale, que ce soit à l'ONU ou à l'Otan. Il a donc besoin de l'appui des Américains", suppose-t-on parmi la majorité.
François Hollande, en prenant la défense de la diversité culturelle, s'inscrit dans la continuité des chefs d'État qui l'ont précédé, et notamment de François Mitterrand, qui, lors des négociations du GATT, avait pareillement exclu les biens culturels de la dérégulation des échanges. À l'époque, François Mitterrand avait battu le rappel des 47 pays francophones pour tenir en échec les velléités américaines d'abolir les systèmes d'aide aux oeuvres françaises établies par la France.