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L'auteur de «Indignez-vous !», ancien résistant et diplomate français, est décédé.
Le président François Hollande a salué en Stéphane Hessel «une grande figure dont la vie exceptionnelle aura été consacrée à la défense de la dignité humaine».
«J’apprends avec une grande tristesse la disparition de Stéphane Hessel», écrit le chef de l’Etat dans un communiqué diffusé mercredi par l’Elysée, «c'était une grande figure dont la vie exceptionnelle aura été consacrée à la défense de la dignité humaine».
«C’est au nom de ses valeurs qu’il s’engagea dans la Résistance», souligne-t-il avant de rendre hommage aussi au diplomate qu’il fut «au service de la paix» et à l’Européen «marqué par la guerre», qui s’est «mobilisé pour l’unification de notre continent».
En outre, ajoute François Hollande, «c’est en humaniste passionné qu’il s’est livré à tous les combats pour les droits de la personne humaine, pour lutter contre les préjugés, les conformismes, les conservatismes».
«Sa capacité d’indignation était sans limite, sauf celle de sa propre vie. Au moment où celle-ci s’achève, il nous laisse une leçon, celle de ne se résigner à aucune injustice. J’adresse à sa famille et à ses proches le témoignage de notre reconnaissance», conclut le communiqué.
Le Premier ministre Jean-Marc Ayrault a rendu hommage à Stéphane Hessel, saluant au nom du gouvernement le parcours d’un «homme d’engagement», qui incarnait «l’esprit de résistance», mercredi à la sortie du Conseil des ministres. «Au nom du gouvernement je veux saluer le parcours de cet homme d’engagement», qui «fut de cette génération de jeunes hommes, de jeunes femmes qui refusèrent la défaite et mirent leur courage au service de la Résistance», a-t-il ajouté.
Le ministre des Affaires étrangères, Laurent Fabius, a pour sa part salué «un combattant de la liberté et de la dignité humaine», dans un communiqué. «Citoyen engagé, son regard, sa lucidité, sa générosité, son enthousiasme, sa bienveillance et son amour de la justice nous manqueront», selon lui.
Avant eux, plusieurs personnalités politiques ont réagi, notamment sur Twitter, à la mort dans la nuit de Stéphane Hessel. «Je salue la belle mémoire de Stéphane Hessel. L’indignation ne meurt jamais. #luttercestvivre», note l’ancienne candidate à la présidentielle Eva Joly. Le président PS de la région Paca, Michel Vauzelle, a de son côté écrit : «Avec la mort de Stéphane Hessel, la France perd un immense patriote humaniste. Je perds un ami engagé avec qui j’ai mené de nombreux combats».
«Hommage à Stéphane Hessel disparu à 95 ans après une vie exceptionnelle», écrivait quant à elle Valérie Trierweiler, compagne de François Hollande. La ministre EELV du Logement Cécile Duflot exprimait de son côté «tellement de gratitude pour lui qui disait des poèmes en meeting, et à l’oreille de toujours garder le sourire. Merci Stéphane Hessel. Merci». Stéphane Hessel avait témoigné symboliquement son soutien à Cécile Duflot en figurant en dernière position sur la liste EELV qu'elle avait menée à Paris pour les élections régionales de 2010.
Toujours sur ce même réseau social, la présidente de la région Poitou-Charentes Ségolène Royal rend hommage à un «compagnon d’espérance, solidaire des indignés mais toujours avec des projets à bâtir» et salue la «leçon d’humanité [donnée] par ses actes».
Les hommages se succèdent au Parti socialiste, ce mercredi. Stéphane Hessel avait en effet soutenu le candidat Hollande lors de la dernière présidentielle, et avait symboliquement prêté son nom à l'une des motions défendues au congrès du PS à Toulouse. Le premier secrétaire du Parti, Harlem Désir (photo AFP) estime ainsi que c'est «l’ensemble de notre pays qui est endeuillé : par ses combats et ses valeurs, Stéphane Hessel incarnait une part de l'âme universaliste de la France». Selon l’eurodéputé, «il a porté sa foi en l’Homme à travers les ténèbres du siècle passé, sa voix doit continuer de nous guider dans le siècle à venir», «son cri d’indignation, de révolte contre l’injustice, de refus que la loi du fort soit imposée au faible, doit continuer de résonner dans nos consciences».
Dans un communiqué, la maire de Lille et ex-première secrétaire du PS Martine Aubry (photo AFP) fait part de son «immense tristesse» à la mort de ce «défenseur acharné des droits de l’Homme. C'était une voix qui réveille, qui bouscule, qui réchauffe. Une voix qui nous manquera terriblement. Celle d’un éveilleur de consciences qui n’a jamais cédé devant la violence et la dureté des temps, devant la facilité, et a toujours su rappeler l’essentiel : les raisons d'être un homme». «C'était aussi un sourire, lumineux et bienveillant», dit l’ancienne patronne du PS de celui qui était «un grand ami, depuis longtemps. Un ami dont l’enthousiasme et la force m’ont toujours nourrie, un homme simple et vrai, tout simplement humain».
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Bertrand Delanoë (photo AFP) maire PS de Paris rend hommage dans un communiqué à «l’humaniste authentique, le résistant indomptable, et le penseur généreux [qui] manqueront terriblement à notre pays. Il nous laisse l’héritage inestimable de sa combativité au service des valeurs universelles de l’homme, et de son sens inaliénable de la liberté». «Le citoyen du monde qu’il était devenu si jeune avait choisi de s’installer à Paris et de s’y engager concrètement et humblement au service du progrès. Cette ville, dont il aimait la générosité et la vitalité, conservera toujours son souvenir. Je proposerai au prochain conseil de Paris des 25 et 26 mars d’attribuer son nom à un lieu de la capitale.»
Dans un communiqué distinct, Anne Hidalgo (photo AFP) première adjointe au maire PS de Paris et candidate aux municipales de 2014 estime qu'il «sera toujours pour [elle] cet homme généreux et profondément optimiste, qui savait nous communiquer son énergie à toute épreuve, sa grande humanité en toutes circonstances. Qu’il s’agisse de la lutte contre la pauvreté ou de son implication dans les parrainages républicains de jeunes sans papiers menacés d’expulsion, Stéphane Hessel portait la cause de la dignité humaine avec humilité et humour».
Le président du Parlement européen, le social-démocrate allemand Martin Schulz (photo AFP), a pour sa part salué mercredi la mémoire de l’intellectuel et ancien résistant français, qu’il a qualifié de «grand Européen». «Stéphane Hessel, un grand Européen, toujours engagé, jamais satisfait, mu par un esprit de combat et de liberté. Il nous manquera beaucoup», écrit-il sur son compte Twitter.
Dans un communiqué, Pouria Amirshahi, député de la neuvième circonscription des Français de l'étranger estime que la «France vient de perdre une de ses plus honorables consciences». «Il était aussi une figure de la gauche mondiale. Jusqu’au crépuscule de sa vie, il n’a eu de cesse de défendre ses convictions. Son engagement politique n’a connu aucune interruption et fut caractérisé par un profond attachement aux principes édictés par le Conseil national de la Résistance.»
Le président du Modem, François Bayrou (photo AFP), a estimé que «s’il y a un mot qui caractérise Stéphane Hessel, c’est "résistance". (...) Au fur et à mesure qu’il avançait en âge, il devenait de plus en plus résistant et de plus en plus contestataire. Cet homme n’a au fond jamais renoncé à la révolte et c’est cette volonté qui a fait l’incroyable succès de son livre Indignez-vous !. Il a été pour cette raison un repère pour beaucoup de gens, un signe que le combat ne s’achevait jamais. Des jeunes gens révoltés, il y en a beaucoup mais révolté au-delà de 90 ans, il y en a peu. Et c’est cette incroyable source de jeunesse qui était frappante chez lui.»
«Stéphane Hessel a montré toute sa vie une détermination remarquable et créatrice. Sa vie, ses engagements et ses combats pour les droits de l’Homme, en France comme dans le monde, sont autant de leçons pour chacun d’entre nous. Son dernier combat, son indignation, laissera à jamais la trace de son remarquable courage et sa détermination à faire progresser la paix», a quant à lui réagi Claude Bartolone (photo AFP), le président de l’Assemlée nationale.
Selon Denis Baupin (photo AFP), le vice-président EELV de l’Assemblée nationale, «Tout dans son parcours témoigne à la fois d’un engagement, d’une indignation qui n’ont jamais faibli, mais aussi d’une profonde humanité, d’un soin continuel de l’autre, et tout particulièrement de l’autre +à venir+, les générations futures. Pour nous écologistes, qui nous reconnaissions dans ses déclarations sur la nécessité d’une déclaration des devoirs de l’humanité vis-à-vis de la planète (pour accompagner la déclaration des droits de l’Homme dont il fut l’un des rédacteurs), son départ est une immense perte. Nous tenterons humblement d'être à la hauteur de son héritage.»
«Cet européen convaincu, cet homme de gauche engagé a fortement marqué le combat pour la défense des droits de l’homme, la paix et la dignité et nous sommes tous très attristés de son départ. Nous garderons en mémoire son parcours, son histoire bouleversante et son message d’engagement qui a su mobiliser plusieurs générations. Il a su fédérer autour d’une idée force: refuser l’indifférence», a réagi le président de la région Ile-de-France, Jean-Paul Huchon (photo AFP).
Pour l'ancienne ministre Elisabeth Guigou (photo AFP), «Stéphane Hessel avait cette particularité rare d'être devenu, pour différentes générations, un exemple (...) Son grand âge n’avait en rien diminué son enthousiasme, sa capacité d’indignation, sa créativité. Pour moi, Stéphane Hessel restera une référence, par sa capacité à faire face à l’adversité, à s’engager pour les autres, à plaider pour une Europe, acteur mondial, et par son sourire bienveillant.»
L'ancien ministre et sénateur Jean-Pierre Chevènement (photo Reuters), ancien ministre : «Sa vie s’appelle "Résistance". Il a perçu avec plus d’acuité que d’autres la crise de l’Europe dont le dévoiement l’indignait. A tous ceux qui, aujourd’hui, perdent un ami, il appartient, comme dit Le Chant des Partisans, de prendre sa place. Il faut transformer son indignation en projet pour mettre les peuples au cœur de la construction européenne.»
La députée Marie-George Buffet (photo AFP), ex-numéro un du PCF, quant à elle, «souhaite rendre hommage à celui qui fut le plus jeune des nonagénaires en faisant de son livre Indignez vous ! un emblème pour des jeunes européens rebelles du début de notre XXIe siècle. La constance de ses engagements, depuis la Résistance au nazisme jusqu’au soutien au printemps arabe, en passant par son action internationale en faveur de la Paix et des Droits de l’Homme force le respect.»