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Temps de lecture : 2 minutesÉdité par Mélissa Bounoua

Capture d'écran du statut Facebook publié par Derek Medina
Facebook ne modère pas vraiment tout le contenu posté sur son site. Avec 41.000 posts par seconde, il leur faudrait des moyens techniques immenses pour gérer cette volumétrie. Ils procèdent essentiellement par alerte. Ce n’est que si un statut, un profil, une page sont signalés que Facebook fait la vérification. Pour le reste, la surveillance et les signalements se font à la discrétion des personnes concernées.
Facebook se prévaut du principe de liberté d’expression si important aux États-Unis et laisse allègrement les gens dirent ce qu’ils veulent et publier le contenu qu’ils souhaitent. La seule chose à laquelle ils font plus attention, ce sont les spams publicitaires qui pollueraient le service pour les utilisateurs.
Une réaction exceptionnelle de Facebook
Comme le contrôle est faible, les sociétés qui se dotent de page Facebook pour assurer leur communication font ainsi appel à des sociétés comme la nôtre pour gérer ce contenu qui peut déraper très vite. Même si, entre sa création en 2006 et aujourd’hui, le géant américain a mis en place quelques filtres.
Chaque personne qui a une image de marque, chaque société, chaque média opère donc son propre contrôle. Dans le cas de cet homme qui a posté sur sa page d’utilisateur, il n’y a que d’autres utilisateurs ayant accès à son contenu qui peuvent le signaler. Dans ce cas grave, Facebook a été obligé de réagir mais c’est exceptionnel.
Cela les arrange bien de ne pas s’en occuper car ils ne sont pas armés techniquement. Et, s’ils laissent dire n’importe quoi, cela leur fait de la publicité.
Nous modérons des messages sur les pages Facebook de société, la mise en place technique n’a pas été simple pour que cela soit fiable. Ils ne nous facilitent pas la tâche, il y a beaucoup de développement informatique pour récupérer les messages via une autre interface.
Facebook ne peut que renforcer ses conditions de modération
Les règles sont différentes en France et aux États-Unis. Les éléments qui nous choquent ne sont pas les mêmes : nous sommes beaucoup plus sensibles aux propos racistes quand eux sont très conservateurs sur les contenus d’ordre sexuel. Tous les sites américains, Facebook comme les autres, se disent qu’ils ne sont pas concernés par ce qui est dit et se présentent comme des hébergeurs de données.
Comme les autres plateformes de publication de contenu, ils auront à faire évoluer leurs conditions d’utilisation pour maîtriser un peu plus, cela semble inévitable. Ils commencent tout juste à être un plus interventionniste, on l’a vu dans le cas de photos retirées et de profils suspendus après des images à caractère sexuel. Ils réalisent que dans chaque pays, en fonction des mœurs, certaines publications passent mal.
Malgré l’immense quantité de contenus qu’ils ont à traiter, il y a des moyens techniques qui permettent d’être efficace. Il faut à la fois travailler avec des personnes et des robots. Les robots sont efficaces pour détecter les mots-clé sensibles que des modérateurs peuvent ensuite traiter afin de savoir si l’utilisation peut en effet être problématique. En cherchant systématiquement les mots "tuer", "meurtre", le contenu de l’utilisateur aurait pu être traité plus rapidement par Facebook.
Propos recueillis par Mélissa Bounoua
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