Le ministère public a fait appel vendredi 12 octobre des condamnations et de certains acquittements prononcés au procès des tournantes de Fontenay-sous-Bois. A l'issue du procès, qui s'est déroulé à huis clos, la cour d'assises du Val-de-Marne a condamné quatre des accusés et acquitté les dix autres.
C'est pour commenter cette décision que Nina, reconnue victime de viols collectifs entre 1999 et 2001 par les assises, a convoqué la presse au bureau parisien de son avocate, .
Dans une petite salle surchauffée la jeune femme aujourd'hui âgée de 29 ans a confié, avec ses mots, avoir "très mal vécu le procès" durant lequel on l'a traitée "comme de la merde". "Nous étions les coupables, ils étaient les pauvres petites victimes".
En depit des débats sous tension, Nina gardait espoir: "j'attendais le verdict en pensant tourner une page. Je n'ai rien tourné du tout". Certes, "on m'a reconnue en tant que victime, c'est bien, mais quand on voit les peines, on se dit que les lois, elles font peur!", poursuit-elle.
"Parmi les coupables, il en manque"
L'autre plaignante, Stéphanie, n'a pas été reconnue comme victime. "Même les personnes qui copient illégalement des films prennent plus de prison" a déploré la jeune femme sous le regard protecteur de sa mère. Pis, ajoute-t-elle, parmi les coupables, "il en manque".
"Comment aller porter plainte après ça?", interroge Nina. "C'est pour qu'il y ait une justice", estime-t-elle. L'autre plaignante, Stéphanie ? Les deux femmes ne sont plus de contact. "Je ne suis pas la pour parler d' elle" coupe court Nina.
En attendant le procès en appel, Nina va continuer d'habiter à Fontenay-sous-bois "car, estime-t-elle, ce n'est pas à elle de partir"
