Nom de code de l'opération : « virus ». Vingt personnes, dix-sept en France et trois en Suisse, ont été interpellées mercredi dans le cadre d'une enquête sur un réseau de blanchiment d'argent. Selon nos informations, une enquête lancée à Nanterre en février et transférée à Paris, avait mis au jour un réseau d'importation de cannabis entre le Maroc, l'Espagne et la région parisienne. Ce réseau avait déjà importé plus de huit tonnes de cannabis à cette époque.
Mais au cours de leurs recherches, les enquêteurs ont découvert un système de blanchiment d'argent assez inédit via "une machinerie complexe", selon le parquet de Paris. En six mois d'observation, les enquêteurs auraient constaté des flux d'argent représentant 10 millions d'euros.
Holding et paradis fiscaux
Une famille faisait venir du cannabis du Maroc via l'Espagne pour le revendre en France. Classique. Ce qui l'est moins, c'est qu'elle confiait ensuite l'argent cash à des Français, cadres, professions libérales, en possession de comptes en Suisse. L'argent était remis à un collecteur central en Suisse.
Ce dernier payait les trafiquants espagnols et réinjectait la plus grande partie des fonds dans un circuit de blanchiment "orchestré depuis plusieurs années avec plusieurs membres de sa famille", selon le parquet. Ces espèces étaient remises à des clients souhaitant disposer d'argent liquide en France et ayant des comptes ouverts en Suisse dans une société financière "appartenant à la famille des blanchisseurs". "Les principaux protagonistes suspectés d'avoir organisé ce réseau sont des citoyens suisses de Genève et français de Paris, appartenant à la même famille d'origine marocaine", a précisé un communiqué du ministère public genevois.
Deux photos d'art saisies
Ces sommes étaient in fine transférées sur des comptes bancaires à l'étranger pour revenir aux organisateurs du trafic. En France, ont été notamment saisis plus d'un million d'euros en espèces et deux photos d'art d'une valeur d'un million d'euros ainsi que des armes. A Genève, ont été saisis plus d'un million de francs suisses - dissimulés dans une chambre forte derrière une penderie -, ainsi que 160 montres et des bijoux de grande valeur d'une estimation totale de près de 2 millions de francs suisses, selon les autorités suisses.
Parmi les 17 personnes interpellées mercredi et placées en garde à vue, des membres de la famille, de l'entourage de celle-ci mais aussi des personnes titulaires de comptes en Suisse qui auraient servi de prête-noms.
<figcaption class="sz11 c2 tshadow2">Crédits : LCI</figcaption></figure>