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Rassurer les parents n’est pas la moindre vertu du rapport de l’Académie des sciences. Non, la télé, les ordinateurs, les tablettes, les jeux vidéo n’ont pas pour conséquence de ramollir jusqu’à l’irréversible la cervelle de nos enfants ! Certes, les académiciens qui ne manquent pas de bon sens commun rappellent qu’il faut rester prudent et savoir modérer les usages pour «préserver l’équilibre et la santé» des garnements. Mais l’essentiel est ailleurs. Et notamment dans l’affirmation que les outils numériques auraient sur les enfants une influence formidable dans leur relation aux savoirs, dans leurs apprentissages et leur socialisation. Le psychiatre Serge Tisseron affirme même que «les écrans amplifient tout ce que la culture du livre imprimé laisse de côté». S’il convient de prendre avec une certaine précaution des conclusions qui méritent encore validation, nul ne peut plus contester l’outil pédagogique essentiel que constitue le numérique en général, et les tablettes en particulier. Mais l’analyse restera partiellement vaine si des réponses concrètes ne lui sont pas données. Si la révolution numérique dont parle Tisseron ne gagne pas toutes les écoles. Si les enfants des villes et des champs ne peuvent accéder aux mêmes moyens. L’enjeu est d’importance, car une fois balayée la dangerosité des écrans, pointe désormais le risque d’une éducation numérique à plusieurs vitesses.