Lundi matin, le Premier ministre et le ministre de l’Intérieur se sont rendus dans le département du Var. Jean-Marc Ayrault, qui a survolé les zones sinistrées par les violentes intempéries de ces derniers jours a déclaré qu’il fallait faire «un immense effort» pour «reconstruire» et promis qu’un arrêté de catastrophe naturelle serait pris très prochainement. «On vient en secours, on est bien là pour ça», a dit Jean-Marc Ayrault à François de Canson, le maire de La Londe-les-Maures où un septuagénaire a perdu la vie dans sa cave. Interrogé sur le moment où serait publié l’arrêté de catastrophe naturelle, Jean-Marc Ayrault a précisé «C’est une question de jour, c’est indispensable».

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Les maires du département ont souhaité qu’on accélère la mise en oeuvre d’un plan de prévention. «Ils ont demandé la mise à plat d’un plan pour organiser l’aménagement de l’espace en arrêtant de construire là où il y a des risques», a indiqué Ayrault à l’issue de réunion.

«Chacun est conscient qu’il y a des choses à changer. Dans un espace soumis à des risques, il faut que les règles soient claires», a-t-il ajouté.

Les cours d’eau amorçaient lundi matin leur décrue dans le Var, où deux hommes sont morts. La prudence restait toutefois de mise, dans un département toujours placé en vigilance orange pour inondations. Le maire de La Londe-les-Maures, François de Canson, a annoncé que les personnes portées disparues dans sa commune au cours des intempéries qui ont frappé le département du Var «ont toutes été retrouvées». Un premier bilan avait fait état d’une personne disparue alors qu’elle se trouvait à bord de son bateau près de La Londe-les-Maures, ville la plus touchée par les intempéries où un retraité a trouvé la mort.

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La région de Hyères, La Londe, Le Lavandou, a été durement touchée dimanche par les crues, à la suite d’un épisode orageux isolé mais violent survenu après deux jours de pluies. Un homme de 73 ans est décédé dans sa cave à La Londe, un homme a été emporté dans sa voiture à Pierrefeu en empruntant une route inondée barrée, et une autre personne qui dormait sur son bateau a disparu à La Londe, a indiqué la préfecture du Var.

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«Nous sommes en fin de crise, nous préparons l’après-crise progressivement», expliquait lundi matin le directeur de cabinet du préfet, Emmanuel Dupuis, relevant cependant que la situation est fragile. Les sols «sont si saturés que la moindre pluie peut entraîner des dommages».

La situation de l’Argens aval, au niveau de Roquebrune et Fréjus, reste délicate, même si «on va vers du mieux». A 4 heures du matin, il a fallu hélitreuiller un homme qui ne souhaitait pas quitter son mobile-home, à Roquebrune-sur-Argens. «Nous rappelons les conseils de vigilance: l’alerte crues est toujours orange, on fait attention, on reste prudent», souligne la préfecture. Des évacuations préventives avaient été menées dimanche aux Arcs, à Fréjus, Roquebrune, Puget-sur-Argens.

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Dispositif maintenu sur le terrain

Pour ce qui est du reste du département en revanche, «c’est la décrue», selon la préfecture. Le niveau du Gapeau, notamment à Hyères et Pierrefeu, a commencé à baisser, après avoir atteint son sommet à 21 heures. «On est passé sous les cotes d’alerte», selon Emmanuel Dupuis. Même si vers minuit une vingtaine de personnes ont encore dû être évacuées du quartier de l’Ayguade à Hyères.

Une douzaine de routes restaient coupées, mais d’autres ont rouvert dans la nuit. Quelque 500 foyers sont encore privés de courant. Sur le terrain, le dispositif est maintenu, avec 500 pompiers, 200 gendarmes, 75 militaires, chargés notamment de commencer à remettre la région en état: pompage, déblaiement, évacuation des nombreux animaux morts... Dimanche plus de 150 personnes avaient été hélitreuillées, et ce jusque dans la nuit.

«J’ai dû monter sur le toit vers 22 heures, j’ai fait signe à l’hélicoptère avec une lampe-torche, il n’y avait plus d’électricité, je n’avais plus de téléphone», a raconté un rescapé, Yannick Palier, du quartier hyérois de l’Ayguade.

Pour Hyères, «c’est une crue historique», disait dans la nuit, le maire Jacques Politi, depuis le centre d’hébergement ouvert préventivement par la ville dès samedi dans le Forum du Casino. Quelque 70 rescapés y ont été hébergés pour la nuit.

Le nombre total d’évacués est difficile à évaluer, selon le préfet Laurent Cayrel, qui a évoqué une soixantaine de personnes sur La Londe et une soixantaine sur le seul quartier de l’Oratoire à Hyères. Au moins six centres d’hébergement ont été ouverts, dans un gymnase au Luc ou dans un hôtel à Pierrefeu, dans ce département encore meurtri par les inondations de juin 2010 (23 morts, deux disparus).

La Londe a été particulièrement touchée car la commune est située dans la zone d’écoulement du Gapeau, gonflé par les eaux, a expliqué Cayrel. Les quartiers situés dans l’estuaire sont ainsi très affectés, mais dès dimanche soir, ils commençaient à «revenir à la normale».

Souvent les victimes ont raconté la brutalité du phénomène. «Tout d’un coup on a vu une vague arriver du lac de la colline Sainte-Eulalie», a expliqué Kevin Van der Steen, 20 ans, dont la famille construit des serres à Hyères. «Tous nos véhicules, tracteurs et machines agricoles sont sous les eaux».

Les cumuls de pluies sur ce département devraient atteindre au total souvent 80 à 160 mm, jusque localement 150 à 200 mm, selon Météo-France. L’alerte orange pour «pluie» a été levée. Une alerte orange pour inondations était par ailleurs en cours pour le fleuve Rhône, d’Avignon au delta.

AFP